Politique

Participer au pas au gouvernement Lecornu II, LR a tranché (dans la douleur)

POLITIQUE – Finalement, ce sera sans eux. Les Républicains ne participeront pas au prochain gouvernement de Sébastien Lecornu, a indiqué le parti présidé par Bruno Retailleau ce samedi 11 octobre à la mi-journée. Une décision qui intervient après plusieurs heures de discussions, au cours desquelles cadres et députés ont exprimé des opinions pas vraiment alignées.

« Le bureau politique des Républicains réaffirme la nécessité de doter la France d’un budget : c’est la raison pour laquelle les Républicains seront responsables et ne seront pas les artisans du chaos. Le bureau politique affirme donc un soutien texte par texte au gouvernement mais qu’à ce stade, la confiance et les conditions ne sont pas réunies pour que Les Républicains participent au gouvernement », peut-on lire dans le communiqué.

Sauf décision personnelle, l’aventure gouvernementale s’arrête donc là pour les ministres du Travail, de l’Emploi et de la Santé de Catherine Vautrin, des Transports Philippe Tabarot, de l’Agriculture Annie Genevard et, sur le papier, pour la ministre de la Culture Rachida Dati qui a repris sa carte à droite et portera leurs couleurs aux municipales à Paris.

Retailleau, Wauquiez, Pécresse contre…

Participer ou pas au gouvernement ? La question a été longuement discutée lors d’une matinée de débat, une semaine après une réunion similaire durant laquelle Laurent Wauquiez avait dit son opposition. Plusieurs cadres l’avaient rejoint à l’image du président du Sénat Gérard Larcher, du président des sénateurs Mathieu Darnaud ou encore de la présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse. L’ancienne candidate à la présidentielle s’était notamment émue d’une (très) hypothétique suspension de la réforme des retraites, « la seule réforme courageuse » du mandat d’Emmanuel Macron selon elle.

Après avoir été ministre de l’Intérieur dans les gouvernements Bayrou puis Lecornu I, Bruno Retailleau a finalement pris position contre. « Ma conviction, c’est qu’il ne faut pas participer », a affirmé le numéro 1 lors d’une réunion samedi matin en visio avec les parlementaires LR, avant une autre commencée samedi à 11H00 du bureau politique, instance décisionnelle du parti. « Participer, c’est le dernier acte d’une dissolution dans le macronisme », a-t-il estimé, dans un retournement de veste notable en une semaine.

Les députés pour… et les militants consultés ?

Dans son communiqué, le bureau politique indique que la décision a été « adoptée à une large majorité ». Mais une majorité, aussi large soit-elle n’est pas une unanimité et la précision vient au contraire nourrir les informations de presse sur de profondes divisions au sein du parti. Car contre l’avis des cadres, plusieurs parlementaires se sont prononcés pour une participation.

À commencer par le porte-parole du groupe Vincent Jeanbrun, qui a en parallèle accueilli le Premier ministre en déplacement dans la matinée à L’Hay-les-Roses, ville dont il est maire. « On n’est pas le RN ni LFI, on ne fait pas tomber les gouvernements », a-t-il plaidé. « On ne peut pas claquer la porte après avoir défendu des positions de responsabilité », s’est exclamé Sébastien Martin (Saône-et-Loire), tandis que Julien Dive, proche de Xavier Bertrand, a estimé que « sans participation, il n’y a pas de gouvernement ».

Preuve que l’affaire est loin d’être achevée, le parti va lancer « dans les prochaines heures » une consultation de ses militants sur la décision du bureau politique a appris Le Figaro. Auprès de TF1-LCI, l’entourage de Laurent Wauquiez dit « craindre une fracture difficile à résorber entre Bruno Retailleau et les députés ». Une crise dans la crise.