Pompiers, pharmaciens, paysans : toutes ces professions mobilisées le 18 septembre
FRANCE – Tous unis sous la même bannière. Après le mouvement « Bloquons tout » du 10 septembre, entre 600 000 et 900 000 manifestants sont attendus dans les rues de tout l’Hexagone dans le cadre la journée de grève du 18 septembre, selon les prévisions du ministère de l’Intérieur.
Les organisations syndicales appellent à faire grève et manifester pour contester des mesures budgétaires qualifiées de « brutales » annoncées cet été par François Bayrou et que le nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu n’a pour l’heure pas écartées.
Parmi les contestataires : des pharmaciens, pompiers, agriculteurs, professeurs… Tous dénoncent la crise politique dans le pays, mais chaque profession a des motifs de contestation propres. Le HuffPost fait un tour d’horizon des mobilisations attendues dans le pays.
Médecins et pharmaciens
L’ensemble des personnels hospitaliers sont appelés à la grève par l’intersyndicale. Du côté des médecins, la principale fédération syndicale, la coalition « Action praticiens hôpital » (APH) appelle à « soutenir » le mouvement. Dans les établissements de santé, l’administration a toutefois le pouvoir de réquisitionner une partie des personnels pour maintenir la « continuité des soins ».
Les pharmaciens, mobilisés contre une baisse du plafond des remises commerciales sur les médicaments génériques, sont appelés à une « fermeture massive » des officines et à manifester, selon les deux principaux syndicats du secteur, l’USPO et la FSPF. Au total, plus de neuf pharmacies sur dix comptent rester fermées ce jeudi, selon un sondage réalisé par les deux syndicats.
Aussi, la première organisation syndicale des kinésithérapeutes, la FFMKR, appelle à fermer les cabinets.
Pompiers
Des soldats du feu, moins habitués à se mobiliser, doivent également descendre dans les rues. Auprès de BFMTV ce mercredi après-midi, le porte-parole UNSA sapeurs-pompiers, Mickaël Biberon a expliqué que de nombreux pompiers comptaient faire grève à l’appel d’une intersyndicale, sans en préciser le nombre exact.
« On fait partie de la politique d’austérité sur les budgets et les financements », souligne Mickaël Biberon, qui veut aussi se faire entendre sur « un budget de justice sociale ».
Agriculteurs
La Confédération paysanne, 3e syndicat agricole, appelle les agriculteurs « à se mobiliser partout en France » jeudi « pour plus de justice sociale, fiscale et environnementale ». Au vu du déploiement policier annoncé, il « alerte sur le respect du droit de manifester ».
« Nos revendications contre le Mercosur contre la précarité alimentaire s’inscrivent totalement dans le mouvement social », ajoute le syndicat qui représente les paysans et les paysannes, dans un communiqué.
Le premier syndicat du secteur, la FNSEA, appelle pour sa part à une mobilisation le 26 septembre.
Enseignants
La FSU-Snuipp, premier syndicat du primaire, prévoit qu’un tiers des enseignants du premier degré (écoles maternelles et élémentaires) seront grévistes. À Paris, ce syndicat estime même à plus de 45 % le taux de grévistes, avec au moins 90 écoles fermées.
Dans les collèges et lycées, les syndicats appellent aussi à se mobiliser, mais il est difficile de connaître l’ampleur de la mobilisation, car les enseignants du second degré ne sont pas obligés de se déclarer grévistes à l’avance.
La nomination de Sébastien Lecornu n’a « pas fait redescendre la colère », estime Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du secondaire. Jean-Robert Biggio, de l’UNSA éducation Hérault, dénonce auprès de France 3 Occitanie : « il manque des AESH, il manque aussi des professeurs. Rien que dans l’Hérault, 150 remplaçants sont bloqués à l’année sur des postes non pourvus. »
Énergie
La CGT a lancé un appel à la grève depuis le 2 septembre pour les salaires et l’abaissement de la TVA appliquée à l’énergie, un mouvement qui se traduit selon elle par des piquets de grève dans les stockages de gaz, les terminaux méthaniers et devant les centrales nucléaires et hydrauliques.
Le 18, la CFE-Energie, premier syndicat d’EDF et deuxième des industries électriques et gazières, a appelé à débrayer pendant une heure ou à venir dans les cortèges syndicaux.
Dans la chimie, la CFDT, premier syndicat, s’attend à une mobilisation « très soutenue », a indiqué Bruno Bouchard, délégué fédéral FCE-CFDT en charge de la branche.
« On a référencé plus de 150 appels à la grève » dans des entreprises comme TotalEnergies, Sanofi, Arkema, Air Liquide, et Kem One, a indiqué Jean-Louis Peyren, secrétaire fédéral de la CGT Chimie pour l’industrie pharmaceutique. Avant la manifestation parisienne, son syndicat a appelé à un rassemblement le matin devant le site Sanofi de Maisons-Alfort (Val-de-Marne), que le groupe a décidé de céder au sous-traitant allemand Adragos.
Commerçants et salariés de la consommation et de la distribution
Les salariés du secteur de la consommation et de la distribution sont invités à faire grève par une intersyndicale. Celle-ci dénonce « les attaques répétées » contre les « droits » et le « pouvoir d’achat » des salariés.
À Châteauroux, une manifestation des commerçants du centre-ville est prévue dès 10 h place de la République, pour dénoncer les coupes budgétaires et défendre le pouvoir d’achat, indique France Bleu.
En parallèle, des commerçants sont « très inquiets » face aux « mouvements de blocage », s’est alarmé la semaine dernière le président du Conseil du commerce de France (CDCF), Guy Gras. Ce dernier s’attend à des « impacts plus graves » que pour le mouvement du 10 septembre, où certains magasins ont dû fermer par mesure de sécurité.
Travailleurs du rail et conducteurs de bus franciliens
Alors que tous les syndicats de la SNCF ont appelé en commun à une grève, la circulation des trains sera perturbée dans toute la France. Sur les lignes Intercités, un train sur deux est prévu et un sur trois pour les TER. Pour les TGV, « quelques perturbations sont à prévoir (…) mais l’ensemble des clients devrait pouvoir voyager ».
En Île-de-France, sur le réseau SNCF, le trafic sera « fortement perturbé » pour les RER D, RER E, ligne H, ligne N, ligne R et ligne U, et « perturbé » sur les RER A, B, et C, et les lignes K, L et V. A Paris, aucun métro, à l’exception des lignes automatiques (1, 4 et 14), ne circulera en dehors des heures de pointe. Certaines lignes franciliennes de bus pourraient être fermées.
France 3 Occitanie pointe que le mouvement sera aussi suivi par des organisations de retraités et par le Mouvement national des chômeurs et précaires.



