« S’expliquer ou démissionner » : Marine Tondelier demande des comptes à Gérald Darmanin
VIOLENCES – Qu’il s’explique ou qu’il démissionne. Voilà l’alternative offerte par Marine Tondelier à Gérald Darmanin après la publication de vidéos sur le maintien de l’ordre pendant la manifestation de Sainte-Soline (Deux-Sèvres) parce qu’il était ministre de l’Intérieur et qu’il est aujourd’hui garde des Sceaux.
Une enquête a été ouverte par la justice alors que Médiapart et Libération ont publié des images issues des caméras-piétons portées par les forces de l’ordre mobilisées le 25 mars 2023 autour du chantier d’une mégabassine contesté par des milliers de manifestants.
On y entend notamment des gendarmes encourager des « tirs tendus » de grenades, pratique interdite, en direction de manifestants et d’autres se féliciter des blessures occasionnées. Des agissements condamnés par l’actuel locataire de Beauvau, Laurent Nunez (qui refuse toutefois de parler de violences policières) mais toujours pas par son prédécesseur. « J’attendais une réaction de celui qui était alors ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. Il a refusé à la presse tout commentaire. Ce n’est pas acceptable », a déclaré Marine Tondelier sur ses réseaux sociaux.
Des suites judiciaires attendues
La cheffe de file des écologistes, candidate à la présidentielle de 2027, était présente à cette manifestation avec d’autres responsables de son camp.
« Plusieurs parlementaires écologistes ont saisi la procureure de Rennes en charge du dossier (…) Mais Gérald Darmanin, aujourd’hui garde des Sceaux, est désormais son supérieur hiérarchique », a poursuivi Marine Tondelier. « Pour la sérénité des suites judiciaires qui pourraient être données à ces révélations, nous demandons que s’il n’est pas capable de fournir une quelconque explication ou des excuses, il démissionne », a-t-elle ajouté.
Le rassemblement de Sainte-Soline, interdit, avait dégénéré en affrontements entre militants radicaux et gendarmes, avec 5000 tirs de grenades et une pluie de pierres et de cocktails molotov. Les manifestants avaient annoncé 200 blessés dans leurs rangs dont 40 graves, et les gendarmes 45.


