Sur l’Ukraine, Macron cite Trump pour mettre en garde celui ou celle qui lui succédera
POLITIQUE – « À chaque jour suffit sa peine », a ironisé dans un sourire, Emmanuel Macron ce lundi 17 novembre. Le chef de l’État, était interrogé, lors d’une conférence de presse commune avec Volodymyr Zelensky, sur la question de l’Ukraine après son départ de l’Élysée en 2027, et notamment le risque que le soutien de la France soit moindre après le scrutin présidentiel.
« J’espère que la paix sera obtenue avant 2027 » a tout d’abord déclaré le président, avant d’évoquer de récentes décisions qui « ont été de véritables tournants ». Et notamment la décision américaine prise par Donald Trump de sanctionner des compagnies pétrolières russes. Un choix qui incarne aux yeux d’Emmanuel Macron, un symbole de l’unité entre Européens et Américains dans le soutien à l’Ukraine, alors que la paix passera aussi, toujours selon l’Élysée, par un renforcement des capacités militaires de Kiev. À cet égard, le palais a annoncé la possibilité de lui vendre une centaine de Rafale.
Surtout, le chef de l’État s’est à nouveau appuyé sur son homologue américain pour mettre en garde celui ou celle qui lui succédera à l’Élysée. « Je note que dans d’autres démocraties et pas des moindres, où des candidats avaient dit que les choses s’arrêteraient en 24 heures et qu’il fallait peut-être ne plus soutenir l’Ukraine, la confrontation à la réalité peut changer la donne », a ainsi prévenu Emmanuel Macron dans une référence directe aux propos de Donald Trump, qui en pleine campagne en 2023, assurait pouvoir mettre fin à la guerre en Ukraine en 24 heures.
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Et Emmanuel Macron de conclure : « Ce qu’il s’est passé de ce côté de l’Atlantique devrait en inspirer beaucoup et les rendre moins péremptoires ». Une allusion à peine voilée à deux prétendants à la fonction suprême : Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.
Le leader des insoumis et la cheffe du RN tancent régulièrement la position française sur le soutien l’Ukraine, et sont régulièrement renvoyés à leur tropisme pro-russe. Dans un billet de blog quelques semaines après l’humiliation de Volodymyr Zelensky dans le bureau ovale, Jean-Luc Mélenchon prônait encore une approche « concrète et réaliste » sur le sujet, avant d’accorder une victoire de Moscou alors que le conflit perdure. « La guerre d’Ukraine (…) perdue pour les Européens (…) La Crimée et le Donbass ne seront pas récupérés », a-t-il prophétisé, reprenant les poncifs de la propagande russe. En 2022, les insoumis s’opposaient à tout envoi d’armes, considérant que cela ferait de la France une nation cobelligérante (ce que ne dit pas le droit international).
Quant à Marine Le Pen, qui a défendu l’annexion de la Crimée, elle continue d’être l’objet de soupçons en russophilie, alors qu’elle compte notamment dans ses rangs Thierry Mariani, eurodéputé ro-Kremlin. Toujours ambigu sur le sujet, le RN n’a pas voté la plupart des paquets d’aides financières et militaires européens à l’Ukraine. Et si la cheffe de file de l’extrême droite française condamne l’agression de Moscou, elle accusait encore en mai dernier Emmanuel Macron de « préparer la guerre ».


