Tondelier, Philippe, Retailleau, Le Pen et tous ces candidats (déjà) lancés vers 2027
POLITIQUE – Sous la Ve République, l’élection présidentielle occupe une telle place que les candidatures fleurissent à plus d’un an et demi de l’échéance. Emmanuel Macron n’ayant pas la possibilité de prétendre à un troisième mandat consécutif, la bataille pour sa succession a déjà commencé.
Qui pour remplacer le Président de la République, dont le mandat prendra fin au plus tard en mai 2027 ? Les couteaux s’aiguisent en coulisse, et les ambitions s’affirment.
À gauche
Marine Tondelier vient de sortir du bois. Dans le Nouvel Obs, la patronne des Écologistes a fait acte de candidature à la primaire de la gauche. « Je viens d’un territoire où on ne baisse pas la tête. Aujourd’hui, c’est celle de tout un pays que je veux aider à relever », justifie-t-elle, allant même jusqu’à parler « d’acte d’amour pour la France ». Elle rejoint Clémentine Autain et François Ruffin, déjà candidats à cette primaire commune au Parti socialiste et aux Verts, ainsi qu’à plusieurs petits mouvements dont l’Après et Debout !
Raphaël Glucksmann lorgne lui aussi sur l’Élysée, mais ne l’affiche pas (encore ?) ouvertement. « Je vais tout faire pour que notre pôle démocrate, social et écologiste soit en mesure de gagner en 2027. Pas d’être premier à gauche : de gagner. On verra ensuite, bientôt, qui est le mieux placé pour le faire », disait-il au Monde en mai.
Fabien Roussel a lui aussi des fourmis dans les jambes. S’il conditionne sa décision à un vote des militants communistes, le maire de Saint-Amand-les-Eaux (Nord) avait expliqué il y a quelques mois être « en campagne ». Il a notamment profité de la sortie de son livre Le parti pris du travail pour tenter de s’adresser à un électorat populaire.
À La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon n’a pas encore officiellement annoncé sa candidature mais pour beaucoup, cela ne fait aucun doute qu’il s’y prépare. Avec déjà trois campagnes présidentielles à son actif, l’ancien député des Bouches-du-Rhône est rodé. S’il avait dit que l’élection de 2022 serait la dernière et qu’il affirme parfois vouloir « être remplacé », le tribun de 74 ans tient des meetings réguliers partout en France et continue d’occuper l’espace médiatique.
Dans le camp présidentiel
Certains candidats semblent déjà être propulsés sur l’autoroute de la présidentielle. C’est le cas d’Édouard Philippe, qui s’y prépare depuis de nombreux mois. L’ancien Premier ministre travaille sur un programme « massif », qu’il devrait présenter après les élections municipales. Le maire du Havre a nettement pris ses distances avec Emmanuel Macron, expliquant qu’il « ne lui doit rien ».
On prête aussi des intentions à Gérald Darmanin et à Gabriel Attal. Le premier, qui a fait le choix de rester au gouvernement, tente d’élargir la palette de ses thématiques. Jusqu’ici, il est très lié aux sujets de sécurité, de police et de justice. Il a annoncé renoncer à briguer la mairie de Tourcoing en mars. Quant au second, à la tête du parti Renaissance, il a clairement fait un pas vers une candidature présidentielle lors de la rentrée de son mouvement le 21 septembre à Arras, promettant des « ruptures majeures » dans la politique conduite. D’autres figures y réfléchissent au sein du camp présidentiel, parmi lesquelles Aurore Bergé.
À droite
Bruno Retailleau se voit-il Président ? Dans une interview au Figaro ce mercredi 21 octobre, le patron du parti Les Républicains (LR) ne fait aucun mystère de ses intentions. À l’orée d’une tournée qu’il s’apprête à faire dans tout le pays « à la rencontre des Français », l’ex-ministre de l’Intérieur explique que « ce chemin ouvre tous les possibles ». Avant de prendre date : « Nous reparlerons de la présidentielle en début d’année prochaine ».
Des ambitions commencent à poindre aussi chez David Lisnard, maire de Cannes. À la tête de l’Association des maires de France (AMF), il mise tout sur son ancrage local et défend une ligne économique très libérale. À la manière d’un Javier Milei en Argentine, il assume de vouloir « trancher dans les dépenses publiques ». Mentionnons aussi Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, qui a profité de la sortie de son livre Rien n’est jamais écrit le 23 octobre pour écumer les plateaux télé et répéter à l’envi qu’il se sentait prêt à relever le gant. Xavier Bertrand a déjà plusieurs fois caressé le rêve d’une candidature, sans jamais réussir à concrétiser.
À l’extrême droite
Marine Le Pen est (pour l’heure) la candidate déclarée. Favorite des sondages au premier tour, la députée du Pas-de-Calais est toutefois tributaire de la décision en appel qui sera rendue au mois de mars. Condamnée à cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire dans l’affaire des assistants parlementaires européens, elle est (en l’état actuel) empêchée de se présenter.
Le plan B s’appelle Jordan Bardella. S’il prend soin de ne pas trop avancer ses pions pour le moment, le député européen a reçu un début d’onction de la part de Marine Le Pen qui lui a demandé, en juin, « de se préparer ». « Se préparer », c’est aussi ce que fait Éric Zemmour, comme il l’a annoncé ce mardi 21 octobre.
Sur une ligne complotiste et tout aussi marquée à droite, Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) et François Asselineau (UPR) sont également dans les starting-blocks.


