Politique

Yaël Braun-Pivet recadre Marine Le Pen pour qui le RN ne trie pas selon les origines

POLITIQUE – « Vraiment ? » Voilà une sortie que Yaël Braun-Pivet n’a pas voulu laisser passer. Sur le réseau social X ce vendredi 26 septembre, la présidente de l’Assemblée nationale a tenu à remettre dans son contexte une affirmation de Marine Le Pen tenue la veille, lors d’une émission sur LCI.

Interpellée sur la chaîne par un jeune homme franco-marocain sur le discours de son parti qui « oppose constamment les Français de souche et les Français de l’immigration », la présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale s’est totalement dédouanée.

« Jamais nous n’avons opposé les Français de souche et les Français de l’immigration, » a-t-elle martelé, comme on peut le voir dans l’extrait vidéo diffusé sur les réseaux sociaux. Jamais. Il n’y a pas une seule mesure dans le projet du Rassemblement national. » Une idéologie injustement attribuée au RN selon elle, et véhiculée « par certains tout le temps sur les plateaux télé », citant Yaël Braun-Pivet notamment. « Elle a vu ça où ? Ça n’existe simplement pas », s’agace Marine Le Pen.

Il n’en fallait pas plus pour que la présidente de l’Assemblée nationale ne lui démontre le contraire. « Jamais ? Vraiment ? », lui a-t-elle répondu sur X, avant de lui proposer une plongée dans les archives récentes du parti, à commencer par cette phrase du député du Rassemblement national Jean-Philippe Tanguy sur BFM TV le 7 juillet 2023 : « Vous avez des gens qui sont Français par le droit du sol, sans qu’ils aient manifesté la volonté ni d’être Français, ni leur attachement à la France. »

Le traitement des binationaux par le RN

Une opposition entre Français retrouvée aussi de manière concrète dans le programme du Rassemblement national, comme le rappelle Yaël Braun-Pivet et contrairement aux affirmations de Marine Le Pen.

« Sur les binationaux, je vous confirme que les postes les plus stratégiques de l’État seront réservés aux citoyens français et aux nationaux français », affirmait ainsi Jordan Bardella au Monde, le 25 juin 2024, en pleine campagne des élections législatives et alors qu’il espérait devenir Premier ministre. Le parti d’extrême droite envisageait d’inscrire cette interdiction dans la Constitution, une proposition qui avait suscité la polémique et l’indignation.

Jordan Bardella n’a d’ailleurs pas de problème à différencier les « Français », des « Français d’origine étrangère ». Comme le rappelle Le Monde, il assurait le 14 juin sur BFMTV que « les Français d’origine étrangère ou de nationalité étrangère » n’avaient « rien à craindre » de la politique du RN en cas d’accession à Matignon. Un choix des mots qui en dit long.