Cuisiner maison pour les bébés est une bonne idée, mais il y a quelques règles à respecter
ALIMENTATION – Moins de petits pots industriels, plus de purées et compotes réalisées au robot mixeur. Voici la grande tendance qui émerge ces dernières années dans les cuisines parentales et que met en lumière l’étude Nutri-Baby.
Dévoilée ce mercredi 15 octobre par le Secteur Français des Aliments de l’Enfance (SFAE), en collaboration avec l’Institut Ipsos et le Crédoc (Centre d’études et d’observation des conditions de vie), cette 6e édition s’appuie sur les réponses apportées par les parents de plus de 1 000 enfants, âgés de 15 jours à 3 ans. Son objectif : connaître et comprendre les pratiques alimentaires des tout-petits, de la consommation de fruits et légumes à celle de sucre et de matières grasses.
Premier grand enseignement de l’étude Nutri-Baby : les erreurs sur le plan nutritionnel dans l’alimentation des 0-3 ans sont encore trop présentes. À savoir « pas assez de consommation de lipides, trop de consommation de protéines, trop de consommation de sucres et l’introduction un peu rapide parfois des aliments destinés plutôt aux adultes », alerte dans un communiqué le Dr Sandra Brancato, pédiatre expert en nutrition infantile.
De plus en plus de plats faits maison
L’autre grande tendance relevée par l’étude, c’est la part de plus en plus conséquente du fait maison dans les assiettes des jeunes enfants. Elle a même drastiquement augmenté par rapport à 2013, date à laquelle remonte la dernière étude Nutri-Baby. En 2022, 33 % des enfants de moins de 3 ans consomment ainsi des purées ou compotes maison au moins un jour sur deux (contre 21 % neuf ans plus tôt). Même chose pour les gâteaux et viennoiseries (17 % en 2022 contre 7 % en 2013), les jus de fruits (13 % contre 4 %), ou encore les plats cuisinés (15 % contre 8 %). « Les robots pour plats d’enfants ont largement contribué au fait maison, et de nombreuses mamans me disent que c’est devenu beaucoup plus rapide et pratique à faire, explique ainsi auprès du Parisien Brigitte Virey, Présidente Syndicat National des Pédiatres Français. Même si ce n’est pas toujours possible… »
Un penchant pour le fait maison qui « répond à la recommandation du PNNS (programme national nutrition santé, ndlr) », mais « s’accompagne parfois d’erreurs », relèvent les auteurs de l’étude. Ainsi, les 0-3 ans consomment aujourd’hui davantage de frites maisons (+ 6 % par rapport à 2013) que de légumes cuisinés (- 4 %).
« Le bon fait maison, ce sont des produits choisis, un mode de cuisson adapté à l’âge et surtout le respect des proportions, souligne le Dr Brancato. C’est aux parents d’adapter leur cuisine et pas à l’enfant de s’adapter à ce que les parents mangent. »
Ne pas oublier les matières grasses
Pour que les plats maison soient adaptés aux besoins des petits, le SFAE rappelle donc quelques principes : respecter les quantités prévues selon l’âge, privilégier la cuisson vapeur, qui préserve davantage les vitamines, varier les aliments (légumes, féculents, viandes, poissons, fruits…) et les textures proposées, éviter l’ajout de sel ou les fritures ou graisses cuites.
Il faut aussi « faire attention à l’origine des produits, notamment s’agissant des teneurs en pesticides et des contrôles sanitaires », relève auprès du Parisien Blandine de Lauzon-Guillain, directrice de recherche Inrae (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) au Centre de recherche en épidémiologie et statistiques. Pour cela, mieux vaut donc se tourner vers les produits bio ou d’agriculture raisonnée, les aliments de saison et en circuits courts.
Attention aussi à ne pas oublier l’ajout de matières grasses végétales ou d’origine animale. Selon l’étude Nutri-Baby, moins de 5 % des parents déclarent en ajouter dans les plats des enfants. Or, cet apport est indispensable pour le développement du cerveau et la croissance des enfants. « La part recommandée des lipides dans les apports caloriques quotidiens chez les jeunes enfants de moins de 3 ans est supérieure à celle chez les adultes », précise Blandine de Lauzon-Guillain.
Les alternatives industrielles sont aussi sûres
Quant aux parents qui, faute de temps ou d’énergie, se tournent plutôt vers les petits pots, gourdes et autres laitages achetés dans le commerce, qu’ils ne culpabilisent pas. Le SFAE rappelle ainsi que ces aliments dédiés à la diversification sont « spécifiquement adaptés aux besoins des jeunes enfants » et que « leur production est encadrée par une réglementation européenne très stricte qui garantit un niveau de sécurité et de qualité encore plus haut que ceux appliqués à l’alimentation courante, tenant compte de la fragilité du petit enfant ».
L’adjonction dans ces produits de certains additifs comme les édulcorants ou les colorants est par exemple interdite, et « les limites pour les résidus de pesticides sont jusqu’à 500 fois plus strictes », précise l’étude. Ce qui fait de ces produits industriels « l’alternative sûre et pratique au fait maison dans le quotidien déjà bien chargé des parents de jeunes enfants », conclut le SFAE.


