Pour choisir la meilleure soupe au supermarché, cette nutritionniste a des conseils
NUTRITION – Velouté de champignons, mouliné de légumes, soupe à la tomate ou au butternut… Lorsque les températures baissent et que les soirées s’allongent, rien n’est plus réconfortant qu’un bol de soupe fumante.
Mais quand le temps manque pour éplucher des légumes et les faire revenir dans une cocotte, avant de les passer au moulin ou de les mixer, il peut être tentant de se tourner vers les soupes vendues au supermarché. En brique ou surgelées, il suffit de les réchauffer quelques minutes au micro-ondes ou à la casserole pour pouvoir les déguster, tandis que les déshydratées retrouvent leur substance et dévoilent leurs arômes sous un peu d’eau chaude.
Mais que valent vraiment ces alternatives industrielles ? Leur teneur en légumes suffit-elle à en faire un repas bon pour la santé ? Interrogée par Le HuffPost, Maeva Zambon, diététicienne nutritionniste à Paris, explique d’abord que consommer de la soupe ou un potage de saison est un excellent moyen d’apporter à notre organisme des micronutriments indispensables à notre bonne santé. « Les soupes riches en légumes sont une excellente source de vitamine C, de vitamines du groupe B, de minéraux et de fibres », détaille l’experte.
Une préservation des nutriments qui varie selon le conditionnement
Mais attention, pour les conserver, encore faut-il ne pas les cuire trop longtemps. De ce point de vue, parce qu’elles n’ont généralement pas été chauffées à trop forte température, les soupes faites maison permettent de mieux conserver les vitamines et les fibres.
Quant aux soupes achetées dans le commerce, toutes ne présentent pas la même valeur nutritionnelle selon leur conditionnement. « De manière générale, les soupes surgelées ont de meilleures qualités nutritionnelles que les soupes en brique, qui ont été stérilisées pour être conservées à température ambiante », détaille Maeva Zambon. Les soupes fraîches, que l’on trouve au rayon réfrigéré des supermarchés, sont aussi une alternative intéressante. Pasteurisées et non stérilisées, elles présentent une meilleure préservation des vitamines, des minéraux et des fibres.
Au niveau du goût, les soupes surgelées et fraîches tirent également leur épingle du jeu par rapport à celles en brique. « La texture des soupes en brique est beaucoup plus fluide car l’ingrédient majoritaire est souvent l’eau, ce qui dilue l’intensité des saveurs », explique Maeva Zambon.
Attention aux additifs
Pour compenser cette perte de goût et de texture, certains industriels ajoutent donc des arômes naturels et surtout des additifs. « Même si avec l’arrivée du Nutri-Score, la composition des soupes s’est améliorée, on retrouve toujours certains additifs dans les soupes en brique, en particulier l’amidon de maïs, qui sert à épaissir les préparations. Clairement, on pourrait s’en passer », estime Maeva Zambon, qui regrette aussi que ces préparations soient très riches en sel. Les soupes en brique ne contiennent plus aujourd’hui de sucre ou de sirop de glucose, ce qui était le cas il y a encore quelques années, relève la nutritionniste.
Ce n’est en revanche pas le cas des soupes déshydratées. Ces préparations, qui nécessitent l’ajout d’eau chaude, sont aussi celles à la composition la plus problématique. « Elles contiennent très peu de légumes et la lyophilisation a fait disparaître toutes les vitamines et les fibres », prévient Maeva Zambon. Amidon modifié de maïs, sirop de glucose, protéines de lait, graisse de palme, exhausteurs de goût, sirop de caramel … Dans les quelques références analysées par la nutritionniste, la liste des additifs est longue. « Certes, les soupes déshydratées ne sont pas chères, mais elles sont mauvaises pour la santé, avertit Maeva Zambon. Certaines contiennent par exemple du glutamate de sodium (E621), qui est catégorisé en orange, donc peu recommandable dans la famille des additifs. » Dans une soupe à l’oignon déshydratée de marque nationale, c’est la présence de maltodextrine qui retient son attention. « C’est un additif beaucoup utilisé dans les compléments alimentaires pour sportifs car c’est un sucre à chaîne courte qui a une assimilation rapide. Le problème, c’est qu’il augmente l’index glycémique. En avoir une consommation régulière peut donc occasionner une insulino-résistance, voire un diabète de type 2. »
À quoi faut-il faire attention sur l’étiquette ?
Pour choisir la meilleure soupe industrielle possible, Maeva Zambon nous livre quelques conseils. D’abord, faire attention à la présence d’additifs, mais pas seulement. Si l’eau apparaît en premier dans la liste des ingrédients, ce n’est sans doute pas la meilleure option. « Cela veut dire que la soupe a un taux de légumes inférieur à 50 %. Or, c’est vraiment à partir de ce seuil qu’elle a une valeur nutritive intéressante. »
Autre point de vigilance : la présence de sel. « Il est recommandé d’en consommer 5 grammes maximum par jour maximum, donc une soupe faisant office de repas ne doit pas contenir plus d’1 gramme de sel. Ce qui est déjà beaucoup, surtout si on la mange avec du pain, qui est un aliment relativement salé. »
Enfin, il ne faut pas oublier que, même si elle permet de manger des légumes, la soupe en brique reste un produit transformé. « Tant que sa consommation reste de l’ordre du dépannage, ça n’aura pas d’incidence sur la santé. Mais l’idéal reste de varier et de choisir, à défaut d’une soupe maison, une version surgelée ou fraîche. » Comme pour la soupe faite maison, on consomme la soupe du rayon frais dans les deux à trois jours après l’ouverture.



