Santé

Pour éviter l’overdose de sucre à Halloween, voici ce qu’il faut savoir sur les bonbons

NUTRITION – Halloween, ce n’est pas seulement la fête des citrouilles et des déguisements qui font peur. Sucettes, chamallows, bonbons acidulés, sous forme de dragées ou gélifiés… C’est aussi celle des sucreries, et des enfants surexcités qui frappent aux portes du quartier pour espérer remplir leur panier de douceurs en tout genre.

Aussi amusante soit-elle, cette tradition d’Halloween tiraille souvent les parents, qui savent bien que derrière la saveur des bonbons se cachent souvent des ingrédients pas toujours très sains.

Faut-il pour autant bannir les bonbons, ou bien est-il possible de concilier fête et raison ? Y a-t-il des bonbons à privilégier, d’autres à éviter ? Et existe-t-il des alternatives saines ? Réponse avec Maeva Zambon, diététicienne nutritionniste.

Une grande quantité de sucre

À nos questions, l’experte a une réponse tranchée. « Aucun bonbon ne peut être qualifié de sain comme le sont les produits bruts de l’alimentation », explique l’experte.

Attention, donc, aux promesses marketing sur les emballages, comme « bio » ou « colorants naturels », qui peuvent faire croire, à tort, que ces bonbons sont meilleurs pour la santé. Car comme la quasi-totalité des sucreries présentes sur le marché, ces références contiennent aussi beaucoup de sucres sous forme de sirop, en particulier de sirop de glucose-fructose, fabriqué à partir d’amidon de maïs. « Même les bonbons qui se prétendent moins transformés ou bio utilisent ce sirop. Il s’agit même souvent de l’ingrédient principal du bonbon, comme le prouve sa première place dans la liste des ingrédients. »

Et attention : le sirop de glucose-fructose est aussi souvent présent dans les sucreries artisanales. « Le fait que vous les achetiez chez un petit confiseur ou un chocolatier indépendant n’assure pas forcément la simplicité des ingrédients », observe Maeva Zambon.

Pourtant, de nombreuses études ont démontré les effets délétères du sirop de glucose-fructose sur la santé. Non seulement il « s’assimile très rapidement et a donc un fort impact sur la glycémie », mais favorise, à terme, l’apparition de caries dentaires, la prise de poids et peut même engendrer une résistance à l’insuline, signe avant-coureur du diabète de type 2. « Évidemment, ce n’est pas parce qu’on mange quelques bonbons de temps en temps que l’on devient insulino-résistant, nuance la nutritionniste. Mais une trop grande consommation de sucres rapides, associée à un déséquilibre plus global de l’alimentation et à la sédentarité, peut entraîner une résistance à l’insuline. »

Des additifs potentiellement dangereux

Outre le taux très élevé de sucre présent dans les bonbons, l’autre souci est la présence d’additifs dont certains sont soupçonnés d’être de potentiels allergènes, et sont même classés cancérogènes probables pour l’humain.

Parmi eux, plusieurs colorants de synthèse que l’on retrouve dans de nombreuses références de bonbons. C’est le cas du E131 (bleu patenté 5), du E102 (tartrazine), du E110 (jaune soleil FCF, jaune orangé S), du E129 (rouge allura AC) et du E150D (caramel au sulfite d’ammonium).

Pour les repérer plus facilement parmi les ingrédients des bonbons préférés des enfants, Maeva Zambon conseille d’utiliser la base de données alimentaires Open Food Facts. Participative, elle permet de mesurer la qualité nutritionnelle d’un aliment, d’évaluer son niveau de transformation et son impact environnemental.

Mais ne vous faites pas trop d’illusions : à moins que votre enfant ne soit fan de Cachous ou de pastilles Vichy, il est fort probable que ses bonbons préférés contiennent des additifs. Ceux gélifiés, comme les Schtroumpfs, les bonbons en forme de bouteille de cola ou les frites qui piquent « contiennent toujours des additifs », prévient Maeva Zambon.

Raisonner plutôt qu’interdire

Face à ces risques, faut-il proscrire les bonbons pour Halloween et leur préférer un substitut plus sain, comme un carré de chocolat ou des fruits secs ? Ce n’est pas forcément une bonne idée, estime la nutritionniste, car cela va occasionner des frustrations. « Il risque de se sentir exclu par rapport à ses camarades qui eux, auront droit aux bonbons. Et puis, in fine, c’est un enfant qui risque, quand il aura la main sur son alimentation, de se rattraper sur tout ce qu’il n’a pas pu manger pendant son enfance. »

Plutôt que l’interdiction, Maeva Zambon plaide plutôt pour une approche pédagogique. « Ce qui me semble important, c’est plutôt d’apprendre aux enfants quelle place doivent avoir ces produits dans leur alimentation. » À savoir un aliment « fun » et plaisir, à consommer avec parcimonie « mais qui ne doit pas être la base d’un repas comme le goûter ».

C’est aussi pour cette raison – et pour éviter la crise de sucre – que la spécialiste conseille, plutôt que d’engloutir en une soirée le butin de sa quête d’Halloween, de faire durer le plaisir. « Comme avec le calendrier de l’Avent, l’idéal est de manger deux ou trois petits bonbons tous les jours, si possible à la fin du repas, ou au goûter avec d’autres aliments plus rassasiants comme un laitage, un fruit… », recommande la nutritionniste, qui précise qu’intégrer les sucreries à la fin du repas va non seulement permettre de faire descendre leur indice glycémique, mais aussi de couper l’envie d’en manger beaucoup. « Comme le rassasiement a déjà commencé, l’enfant aura naturellement moindre pour les bonbons. »