Transport

Des écoles aux transports, à quelles perturbations s’attendre pour la grève de jeudi ?

MOBILISATION – Sébastien Lecornu n’en a pas fini avec la grogne sociale qui se poursuit une semaine de plus. Après une rentrée marquée par le mouvement « Bloquons tout » le 10 septembre, suivie par un premier épisode de grève le 18 septembre, l’intersyndicale prévoit une nouvelle journée de mobilisation le jeudi 2 octobre.

Sortie frustrée de discussions à Matignon avec Sébastien Lecornu, Catherine Vautrin (Travail, Santé et Solidarités), Astrid Panosyan-Bouvet (Travail et Emploi) et Laurent Marcangeli (Fonction publique), l’intersyndicale (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU et Solidaires) avait annoncé le 24 septembre dernier que les cortèges feraient leur retour dans l’Hexagone.

Des transports à l’Éducation nationale en passant par la Santé, Le HuffPost fait le point sur les perturbations attendues pour la journée de jeudi.

Nouvelle journée de grève dans les transports

Du côté de la SNCF, les quatre syndicats représentatifs CGT, UNSA-Ferroviaire, SUD-Rail et CFDT ont déposé un préavis commun et appellent « les cheminots à se mobiliser massivement par la grève le 2 octobre prochain ». Ils demandent une « augmentation générale des salaires et des primes », mais aussi une « relance pérenne du fret ferroviaire public ». Le mouvement de grève donnera « quelques perturbations » sur les lignes de TER et Intercités, indique le ministère des Transports. Le trafic sera « normal » pour les TGV.

Pour ce qui est des transports franciliens, la RATP annonce un trafic « normal » ou « quasi normal » pour jeudi. Seules les lignes du RER D et E, ainsi que celles du Transilien L, N, R et U sont annoncées avec un trafic « perturbé », et le RER C et la ligne H du Transilien « légèrement perturbé ». Sur la ligne du RER B, le trafic sera lui « quasi normal ».

Toujours en Île-de-France, les organisations syndicales majoritaires de la RATP (CGT, FO, Unsa-Mobilités et CFE-CGC) ont lancé un appel commun aux agents de la régie des transports franciliens pour qu’ils répondent « dans la rue » à « l’immobilisme du gouvernement ». Ils exigent notamment « l’abandon immédiat » du projet de budget 2026 et davantage de « justice fiscale ».

Le 18 septembre, « plus de 10 000 grévistes » ont été recensés à la RATP selon la CGT et le mouvement social avait chamboulé le fonctionnement du métro. Seules les lignes automatiques (la 1, la 4 et la 14) avaient fonctionné. Les prévisions détaillées de l’impact du mouvement social seront publiées dans la soirée de mercredi sur les sites de la RATP et de SNCF Connect, rappelle Public Sénat.

Le mouvement social continue dans l’enseignement

La FSU-Snuipp, premier syndicat dans l’enseignement primaire, a indiqué ce mardi 30 septembre à l’AFP qu’elle prévoit 10 % de grévistes chez les enseignants du 1er degré. Un taux « moins élevé que le 18 » septembre, a reconnu la co-secrétaire générale Aurélie Gagnier, selon qui « il y a toujours beaucoup de colère ». « Le flou politique freine la mobilisation », a-t-elle justifié, assurant que « les personnels » rencontrés par le syndicat partagent le constat d’une « nécessité de plus de justice fiscale et sociale » et d’« un budget qui réponde aux besoins de l’école ».

Le taux annoncé de grévistes est aussi un peu à la baisse dans les collèges et lycées, a déclaré à l’AFP Sophie Vénétitay, secrétaire générale du principal syndicat du secondaire, le Snes-FSU. Arguant qu’il est difficile pour un enseignant de faire grève deux ou trois jours en un mois, surtout en période de rentrée, elle estime que le « socle de mobilisation » est « toujours solide ». Plusieurs jours de grève sont aussi des « jours de salaire en moins », relève pour sa part Elisabeth Allain-Moreno, secrétaire générale du syndicat SE-Unsa, jointe par l’AFP.

Mobilisation dans la santé (mais sans les pharmaciens)

L’hôpital n’échappe pas non plus à la grogne sociale. La CFDT santé-sociaux a appelé à se « mobiliser massivement une deuxième fois le 2 octobre, pour défendre le monde du travail », comme l’indique le communiqué sur son site. Dénonçant « les baisses de financement dans les établissements et les services » et le « projet gouvernemental de TVA sociale » qu’avait proposé François Bayrou, le syndicat a déposé un préavis de grève auprès du ministère de la Santé.

Contrairement à la première journée de mobilisation le 18 septembre, les pharmacies ne seront pas de la partie. Elles ont levé leur mobilisation le 25 septembre dernier après un rendez-vous réussi avec Sébastien Lecornu qui a suspendu pendant trois mois l’arrêté gouvernemental contesté qui réduisait les remises sur les médicaments génériques.

Des préavis de grève dans la fonction publique et à la Poste

La Fédération CGT des services publics a indiqué dans un communiqué avoir « déposé un préavis de grève pour la journée du 2 octobre » et « appelle ses syndicats à organiser et participer aux actions locales et nationales partout où ce sera possible ». L’appel concerne des secteurs variés, des agents des villes et régions à ceux des services et entreprises de l’eau en passant par la thanatologie. Des préavis de grève ont aussi été déposés par SUD Collectivités Territoriales et Solidaires Fonction publique. Le 18 septembre, 12,7 % des agents avaient fait grève.

Des perturbations sont aussi attendues dans les services postaux avec un appel à la mobilisation de la CGT FAPT, qui rassemble les salariés des activités postales et de télécommunications. Dans un communiqué, elle appelle « à la grève dans toutes les entreprises du secteur des télécoms et dans les 154 filiales du Groupe La Poste ».