En colère ou résignés, ces naufragés du train contraints de prendre leur mal en patience
SNCF – L’acte de vandalisme survenu ce lundi 27 octobre au sud de la gare Valence TGV n’en finit plus de perturber la journée de milliers de voyageurs. Comme l’a indiqué le ministère des Transports, une centaine de TGV au total sont perturbés après un « incendie probablement d’origine criminelle », avec pour conséquences l’annulation de nombreux trains et des retards allant jusqu’à sept heures.
Des perturbations qui se traduisent par des suppressions « totales, partielles », ou des « retards » sur « les trois opérateurs présents sur cette ligne à grande vitesse : SNCF Voyageurs, Trenitalia et Renfe », selon le ministère. Le ministre Philippe Tabarot a précisé en fin de journée le retour à « une circulation à peu près normale à partir de 21H00 et demain (mardi, NDLR) matin, une circulation totalement normale ».
En attendant, les voyageurs touchés – qui seront remboursés, a affirmé Philippe Tabarot – n’ont d’autres choix que de prendre leur mal en patience ou de trouver des plans B.
Gare de Lyon, à Paris, deux files d’environ 150 m pour l’accès aux bornes et au guichet de la gare se sont ainsi rapidement formées dans la matinée. Lina, étudiante allemande qui voyage en Europe et se rendait à Barcelone en fait partie. « J’étais dans le train et ils m’ont dit qu’il était cassé, je n’ai pas tout compris c’était en français. J’espère récupérer mon argent et prendre un bus », témoigne-t-elle.
En gare de Valence TGV, Hassina, qui voyage avec sa fille, raconte au Dauphiné libéré son parcours du combattant pour rejoindre la capitale : « on a décidé de prendre un bus jusqu’à Valence. Là, on attend un bus pour Grenoble, puis un train à Lyon en direction de Paris. Comme on doit être assises l’une à côté de l’autre, j’ai dû prendre un train à 17h au lieu de 15h. »
À la gare de Lyon Part-Dieu, les trains vers Marseille sont supprimés, tout comme des liaisons vers Luxembourg ou Le Havre. Le train pour Bruxelles-Midi, en provenance de Marseille, affichait lui 5 heures de retard vers 9h30.
Interviewée par Le Progrès dans la gare lyonnaise, Gaëlle, qui voyage avec sa fille Iris, doit rejoindre Marseille après un départ de Saint-Chamond. « On a commencé en ayant du retard sur le TER entre Saint-Chamond et Lyon. Et là on doit se débrouiller toutes seules. C’est le no man’s land », se désole-t-elle. « On attend de voir si on peut prendre un TER jusqu’à Miramas et notre famille viendrait nous récupérer. Pour le moment, on n’en sait rien donc on attend. Et on garde le sourire. »
Itinéraires plus que bis
Le ton est moins complaisant pour un voyageur interrogé par BFMTV devant la Part-Dieu. « Je sais bien que si c’est des vols de câbles, ce n’est pas de leur faute. Mais les retards à la SNCF c’est récurrent, c’est sans arrêt. Et les billets, c’est hors de prix pour un service qui est lamentable », s’émeut-il, lui qui doit rallier Montpellier depuis Besançon, mais qui reste pour le moment bloqué une bonne partie de l’après-midi à Lyon.
À Marseille, gare Saint-Charles, plusieurs dizaines de voyageurs consultaient les panneaux d’affichage pour voir si leur train était maintenu ou annulé – comme pour Lyon Part-Dieu, Nice, Paris, Lille-Flandres, ou encore Nancy, a constaté un journaliste de l’AFP.
Tout le long du quai jusqu’au bureau de la billetterie une longue queue de voyageurs de tout âge. « Bienvenue dans la jungle », lance en plaisantant un employé SNCF à un couple de voyageurs qui arrivent à la gare.
« Pardon monsieur je voulais aller à Lille qu’est-ce que je peux faire ? », s’enquiert une septuagénaire venue voir des amis à Marseille, poussant sa valise et tenant à la main un sac de voyage. « Demain », lui répond un employé de la SNCF.
En gare de Toulouse Matabiau, vers 8h, de longues files d’attente se formaient devant les guichets fermés en raison des perturbations sur la ligne Toulouse-Lyon. Ylona, 21 ans et son amie Victoriana, 22 ans, se rendaient à Sète ce lundi matin. « Et moi qui voulais arriver tôt à Sète ce matin pour avoir le temps de me reposer avant de reprendre mon travail demain matin, c’est raté », déplore Victoriana. Une contrôleuse leur propose un TER de remplacement. Elles devraient arriver à 13h51 au lieu de 09h57.



