Politique

Le gouvernement et les partis veulent travailler ensemble contre les ingérences étrangères

Sébastien Lecornu a affirmé ce mercredi 5 août qu’il souhaitait poursuivre, « à la rentrée », « un travail commun » avec l’ensemble des formations politiques pour lutter contre les ingérences étrangères, alors que trois candidats déclarés ou pressentis à la présidentielle ont été visés ces derniers jours par des opérations de déstabilisation russes.

« Je partage l’idée que ce sujet mérite un travail commun. C’est précisément celui que nous avons engagé à Matignon et que nous poursuivrons à la rentrée avec l’ensemble des formations politiques », a écrit sur X le chef du gouvernement, interpellé sur le sujet par le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon.

En juin, le Premier ministre avait reçu à Matignon les partis politiques sur ce thème. Il avait alors évoqué des « perspectives de menaces lourdes sur l’élection présidentielle », soulignant que « l’ensemble de la classe politique » pouvait être concernée.

Des opérations restées peu visibles

Depuis la fin du mois de juillet, trois prétendants déclarés ou pressentis à l’Élysée ont été ciblés par la Russie à travers des campagnes de désinformation en ligne. Ce sont tout d’abord le patron d’Horizons Édouard Philippe et de Place Publique Raphaël Glucksmann qui ont été visés. Ce mercredi s’est ajouté à cette liste le président de Renaissance, Gabriel Attal. Une première en France pour des candidats à la présidentielle, même si ces opérations sont restées peu visibles, d’après une source sécuritaire auprès de l’AFP.

Viginum, le service chargé de lutter contre les ingérences numériques étrangères en France, a confirmé à l’AFP avoir détecté mardi cette opération de désinformation qu’il impute avec « une confiance élevée » au réseau prorusse « Matriochka » (terme russe pour désigner des poupées gigognes).

Ces opérations de déstabilisation en ligne passent notamment par la publication de faux contenus sur X usurpant l’identité visuelle de médias français, affirmant par exemple pour Gabriel Attal que ce dernier présenterait « des signes de la maladie de Parkinson » ou plaiderait pour une politique plus favorable à l’égard des squatteurs de logements vides.

Un projet de loi en attente

« Le dispositif de détection que nous avons mis en place fonctionne », s’est félicité ce mercredi soir Sébastien Lecornu. « Nous avons déjà présenté en Conseil des ministres un projet de loi pour renforcer encore notre arsenal, notamment en triplant les peines contre la production de faux contenus en période électorale », a-t-il ajouté.

« Un protocole de transmission automatique de tous les cas détectés sera également mis en place, en lien avec les formations politiques et les services compétents », a aussi affirmé Sébastien Lecornu. Depuis la réunion avec les partis en juin, il précise avoir reçu des propositions de la part de certaines formations politiques, mais que « toutes n’ont pas encore répondu ».

Fait rare, Jean-Luc Mélenchon a apporté son soutien à Sébastien Lecornu sur ce sujet. « Merci au Premier ministre pour sa réponse rapide. Nous devons nous accorder tous. Il est possible de mettre en échec les manipulateurs d’où qu’ils viennent et quelle que soit leur cible », a-t-il déclaré sur X, affirmant que LFI examinera « toutes les idées avec le seul souci de l’efficacité et du droit des électeurs à des élections sincères ».

Plus tôt, le leader de La France insoumise avait dénoncé une nouvelle ingérence russe « insupportable » visant Gabriel Attal. De son côté, Raphaël Glucksmann a appelé les autorités françaises et européennes à ne pas avoir « la main qui tremble » face à ces ingérences étrangères et face aux plateformes et aux réseaux sociaux.