Santé

La majorité des fausses couches survient avant 20 ans et après 35 ans, selon une étude

Chaque année, en France, 200 000 femmes vivent une fausse couche ou « arrêt naturel de grossesse ». Un drame aussi banal que tabou, qui concerne entre 10 et 14 % des grossesses, révèle l’Institut national des études démographiques, dans une étude publiée ce mercredi 26 août.

S’appuyant sur les résultats de deux enquêtes, ainsi que sur des données administratives du Système national des données de santé, cette nouvelle étude souligne que l’âge des femmes est le principal facteur associé à la fréquence des fausses couches.

L’âge, principal facteur de risque

La grande majorité de ces arrêts spontanés de grossesse ont lieu pendant le premier trimestre de la grossesse, seuls 8 % se produisent après 14 semaines d’aménorrhée. Et ce risque concerne tant les femmes enceintes avant 20 ans que celles de 35 ans et plus.

Ainsi, l’étude de l’Ined montre que la probabilité qu’une grossesse se termine par une fausse couche chez les femmes de moins de 20 ans est « relativement élevée », dépassant 10 %.

Ce risque diminue ensuite avec l’âge, avant d’augmenter de nouveau à partir de 34 ans : chez les femmes enceintes de 35 ans, 8 % des grossesses se terminent par une fausse couche, une proportion qui atteint 14 % pour celles survenues à 40 ans et 23 % à 45 ans. En revanche, le risque « varie peu » en fonction du niveau de diplôme ou de la situation financière des femmes, notent les autrices des travaux.

Une prise en charge parfois mal vécue par les patientes

L’étude de l’Ined pointe aussi que la prise en charge aux urgences gynécologiques « est souvent vécue comme inadaptée par celles qui y sont accueillies » pour une fausse couche : il existe un « décalage » entre les « attentes » de ces patientes et « les soins qui leur sont délivrés ». Elles regrettent notamment une prise en charge dans un environnement hospitalier « parfois peu adapté », dans un service qui accueille aussi des femmes enceintes ou en train d’accoucher, ou encore le manque d’information sur le déroulement des soins ou les suites prévisibles, notamment lors d’une expulsion de l’embryon ou du fœtus. Par ailleurs, nombreuses sont les femmes à déplorer l’absence de proposition d’arrêt de travail ou d’orientation vers un soutien psychologique, tandis que d’autres soulignent la persistance de paroles maladroites, voire blessantes, de la part des praticiens. L’absence de suivi médical après l’arrêt spontané de grossesse est aussi mal vécue.

« Ces constats soulignent la nécessité de repenser les soins délivrés lors d’un arrêt précoce de grossesse », souligne l’étude, qui relève une « amorce » de « changement ». Depuis septembre 2024, les femmes ayant vécu une fausse couche peuvent en effet bénéficier d’un arrêt de travail indemnisé, sans jour de carence.

La publication prochaine de nouvelles recommandations « pourrait contribuer à l’amélioration du vécu des parcours de soins pour les personnes concernées », concluent les autrices.