Un Américain vit neuf mois avec un rein de porc avant une greffe humaine, un record
Un espoir pour de nombreux patients en attente d’une greffe. Tim Andrews est devenu le premier patient à recevoir un rein humain après avoir été greffé d’un rein de porc, rapportent les médias The New York Times et la BBC ce vendredi 4 septembre, citant une étude de la revue scientifique The Lancet.
L’Américain a vécu 271 jours avec la greffe d’un rein de porc génétiquement modifié, soit près de neuf mois, un record. « Aujourd’hui, nous ne pensons pas qu’il y ait d’inconvénient à greffer un rein de porc puis un rein humain, mais lorsque nous avons commencé cette expérience, nous n’avions aucune idée que ce serait le cas », a souligné le docteur Mike Curtis, qui a contribué au financement de l’étude, auprès du New York Times.
Pour le monde scientifique et médical, ce record représente une étape importante dans la recherche sur les xénogreffes (qui consistent à greffer l’organe d’un animal sur un individu d’une autre espèce). La réussite démontre en effet que les reins de porc, qui ne constituent pas encore de solution définitive en matière de greffe, pourraient servir de solution transitoire vers une greffe humaine.
Cette « passerelle », comme la nomme The Lancet, permettrait de maintenir plus longtemps en vie les patients dans l’attente d’une greffe. « La dialyse use tellement nos patients qu’ils finissent par être trop malades pour bénéficier d’une greffe, ou qu’ils décèdent pendant qu’ils attendent », complète le docteur Leonardo V. Riella, auteur principal de l’article, toujours auprès du New York Times.
« Ça m’a rendu la vie »
Tim Andrews, qui souffrait d’une maladie rénale due à un diabète de type 2, avait reçu la xénogreffe le 25 janvier 2025, à 66 ans. « Je me suis dit que, si je devais mourir, autant faire quelque chose pour l’humanité et participer à cette expérience », s’est rappelé l’Américain, qui aurait dû attendre sept ans pour recevoir une greffe humaine alors que les patients ne survivent en moyenne que cinq ans sous dialyse, rappelle la BBC.
Les organes disponibles sont en effet trop rares pour répondre au besoin de greffes. En France, par exemple, plus de 23 000 personnes étaient inscrites sur la liste nationale d’attente en 2025, mais seules 6 148 ont pu en bénéficier, est-il indiqué sur le site de l’Agence de la biomédecine.
Pour Tim Andrews, la greffe d’un rein de porc a représenté un « espoir », a-t-il confié à la BBC, lui permettant aussi d’échapper aux dialyses à répétition. Les neuf mois avec celle-ci ont amélioré considérablement sa santé, lui permettant de reprendre goût à l’alimentation et d’augmenter sa masse musculaire notamment. « Ça m’a rendu la vie », a-t-il déclaré.
La xénogreffe a finalement pris fin en fin d’année 2025, suite à la formation de caillots sanguins l’ayant endommagé. Tim Andrews a alors repris brièvement les dialyses avant de recevoir un rein humain en janvier 2026.
Cette avancée est la dernière en date dans la recherche sur la xénotransplantation, qui a progressé ces dernières années. En août 2023, une équipe française avait suscité d’importants espoirs en faisant fonctionner une greffe d’un rein de porc pendant 32 jours sur un patient. De nouveaux essais cliniques sont prévus aux États-Unis après l’espoir apporté par le cas de Tim Andrews.



