Barbra Streisand étrille Donald Trump et son « ego démesuré » sur le Kennedy center
« Douloureux à voir. » C’est par ces mots que Barbra Streisand a qualifié ce qui est en train de se discuter autour du Kennedy Center depuis plusieurs mois. En cause notamment pour la chanteuse, les exigences de Donald Trump, sujet de crispation ultime entre le président et le monde culturel.
C’est sur son site internet personnel que Barbra Streisand a souhaité s’exprimer le jeudi 17 septembre. L’interprète de Woman in Love a commencé son message par un rappel selon elle important, la raison pour laquelle le centre culturel de Washington avait été renommé Kennedy Center en hommage au président assassiné. « C’était un choix très éclairé du congrès, il était un vrai défenseur des arts » écrit-elle. Puis, Barbra Streisand précise que depuis, de très nombreux artistes venus du monde entier s’y sont produits, faisant du Kennedy Center « une salle de spectacle incontournable ».
La « démolition » du Kennedy center
Elle rappelle ensuite avoir reçu en 2008 les Kennedy Center Honors, lors d’une cérémonie qui récompense tous les ans plusieurs artistes pour leur contribution à la culture. « Pour moi, et tant d’autres, cet honneur représente quelque chose de bien plus grand qu’un prix. Cela représente une profonde croyance en l’art et son importance dans une démocratie » écrit-elle, avant de s’attaquer au fond du problème. Elle qualifie ainsi les derniers évènements comme « exaspérants et douloureux à voir ».
Barbra Streisand évoque alors dans les grandes lignes les tentatives de Donald Trump de se réapproprier le bâtiment, et ses réactions « de personne humiliée » à postériori : l’installation d’une bâche géante et d’échafaudages pour dissimuler le nom du Kennedy Center, et la dernière en date sa volonté de « le raser ». « Vous pouvez comprendre mon indignation en voyant cette institution très respectée devenir le sujet d’une lutte si aigrie à cause du nom et de l’ego démesuré d’un homme » complète la chanteuse.
Le dernier épisode est tout frais. Donald Trump a été photographié dans son avion en train de regarder un grand panneau semblant évoquer une démolition du Kennedy Center : les mots « Kennedy Center démolis… » y sont très visibles.
L’obsession de Trump
Le Président montre ici qu’il ne baisse pas les bras dans son combat pour faire inscrire son nom sur l’édifice, même si la justice lui a pour l’instant donné tort. Peu après son retour à la Maison blanche, Donald Trump avait placé plusieurs proches au conseil d’administration avec le souhait de « le remettre dans le droit chemin » et de créer une nouvelle programmation « pas woke ». Ce qui avait entraîné une grève du personnel et une désertion des artistes programmés.
Dans la foulée, son nom avait été accolé à celui de JFK sur la façade. Un geste sanctionné par un juge fédéral qui avait ordonné de retirer toute référence « au président Trump ou à tout individu autre que le président Kennedy » sur le bâtiment, son site web et ses marques déposées. Durant l’été, Donald Trump et le conseil d’administration avaient alors imaginé un autre projet visant à honorer l’actuel président de manière visible sur le bâtiment en référence à son « engagement pour la rénovation de l’institution culturelle » du centre que lui seul serait d’après lui financièrement en capacité de restaurer.
Après un nouveau revers du juge fédéral, le conseil d’administration a voté le 15 septembre la fermeture immédiate du centre. « Je suis capable de régler » les problèmes du Kennedy Center, affirmait le Président devant la presse le lendemain, mais « l’administration Trump devrait être reconnue pour cela, si cela n’est pas fait, il va fermer. Il va finir par être rasé » menaçait-il.
« Bizarrement, lorsque son nom était encore dessus, il n’y avait pas de débat sur la nécessité de le fermer et de le reconstruire, commente de son côté Barbra Streisand. C’est un exemple de plus de la nécessité absolue pour tous les Américains d’aller voter lors des midterms. »



