APL, retraités… Les ministres précisent les efforts qui seront demandés aux Français
L’endettement de la France atteindra un niveau record en 2027 en raison d’un déficit public demeurant « élevé », a indiqué samedi le ministère de l’Économie. Si bien que le gouvernement prévoit un effort de 54 milliards d’euros l’an prochain pour assainir les finances publiques, alors que la note souveraine de la France vient tout juste d’être dégradée par l’agence Scope Ratings.
En présentant jeudi les grandes lignes du budget, le Premier ministre Sébastien Lecornu a par ailleurs laissé au Parlement le soin de trancher certaines mesures d’effort comme celles, sensibles, concernant les retraités. En voici quelques-unes à retenir ci-dessous, avec les précisions apportées par différents ministres ce week-end.
· Un plafond de 3 000 euros pour l’abattement fiscal des retraités
Le gouvernement a affiné ses pistes d’économies budgétaires portant sur les retraités, prévoyant d’abaisser à 3 000 euros le plafond de l’abattement fiscal dont ils bénéficient tout en gelant ou sous-indexant certaines pensions, selon une source au sein de l’exécutif.
À l’heure actuelle, les retraités peuvent déduire 10 % de leurs revenus annuels du montant imposable, dans la limite de 4 439 euros. Un abaissement à 3 000 euros de cette limite permettrait de rapporter 1,4 milliard d’euros de recettes fiscales supplémentaires, selon cette source, qui rappelle que le « sujet » de l’effort à demander aux retraités est « tellement dur électoralement ».
Le gouvernement se base sur une mesure identique déjà votée par le Sénat à l’automne 2025, lors des précédents débats budgétaires, avant d’être mise de côté dans la suite des discussions.
En dévoilant les grandes lignes de son projet de budget dans Le Figaro jeudi, Sébastien Lecornu avait indiqué que l’effort porté par les retraités « sera inférieur aux 6 milliards d’euros » initialement évoqués par le ministre des Comptes publics, et il a assuré que « les petites retraites seront protégées ». Le gouvernement réfléchit toutefois à coupler le plafonnement de l’abattement fiscal avec un gel ou une sous-indexation des pensions de retraite de base, selon la source au sein de l’exécutif, avec des seuils qui seraient fixés « par décret ».
· Les APL seront « gelées » l’an prochain
Les aides personnalisées au logement (APL) seront gelées l’an prochain, a annoncé samedi le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun, « On ne va évidemment pas les diminuer. En revanche, elles ne seront pas revalorisées l’année prochaine », a-t-il déclaré sur franceinfo. « On fait des économies. Une économie qui chez nous est substantielle, c’est le fait de geler les APL », a ajouté le ministre, précisant que ces allocations ne seraient pas revalorisées au niveau de l’inflation en 2027.
« On demande un petit effort à tout le monde », a-t-il dit, « un peu partout pour essayer de s’en sortir, ce qui permet de dégager des marges de manœuvre pour d’autres dispositifs ».
Attribuées sous condition de ressources, les APL sont destinées à financer la location d’une résidence principale et versées quasi exclusivement par la Caisse nationale d’allocations familiales (Cnaf). Elles ont atteint 17 milliards d’euros en 2020. Le montant moyen de l’aide versée mensuellement par allocataire est de 219 euros, selon la Cour des comptes en 2025.
· « Des crédits en moins au cas par cas » dans le spectacle vivant
La ministre de la Culture Catherine Pégard a affirmé ce dimanche que le budget de son ministère pour 2027 se traduirait pour les structures du spectacle vivant public par « moins de crédits, au cas par cas », avec le souci de ne pas les rendre « vulnérables ».
« On est soumis à des contraintes très fortes, qui sont nouvelles », a déclaré la ministre sur franceinfo. Mais elle s’engage à « travailler avec ceux qui sont impactés par ces budgets pour voir comment on peut faire pour ne pas casser la vie culturelle en France ».
Catherine Pégard prône des économies « au cas par cas ». « Je ne crois pas que le coup de rabot systématique où on dit “on supprime tant de crédits pour le spectacle vivant, tant de crédits pour le patrimoine”, est la bonne solution aujourd’hui ».
Sur la question de savoir si elle pouvait rassurer les acteurs du spectacle vivant, la ministre a admis qu’il y aurait « des crédits en moins, mais il y aura des crédits en moins au cas par cas qui (…) ne rendront pas vulnérables nos établissements, c’est ça mon but ».
La ministre a indiqué avoir « vu récemment les directeurs des grands théâtres parisiens, des opéras ». « On travaille ensemble pour voir ce qu’ils peuvent reporter », selon elle. « On peut différer certains investissements, (…) certains travaux », a-t-elle ajouté. Catherine Pégard a dit vouloir « garder au maximum la production, parce que la production c’est le tissu vital de nos théâtres, de nos télévisions ». « Moi je veux tout préserver », a-t-elle assuré.



