Malgré une énorme proposition, Teddy Riner a refusé de se mettre au MMA
On le savait solide sur ses appuis sur un tatami, on découvre désormais que même des millions d’euros ne parviennent à le faire flancher. Dans une interview donnée au média Booska-P, Teddy Riner a expliqué qu’il avait refusé une offre pourtant très lucrative de l’UFC, la plus prestigieuse organisation de MMA au monde, qui lui proposait 15 millions d’euros pour abandonner le judo et la rejoindre.
La proposition remonte à 2023, époque où le multiple médaillé olympique se préparait pour les Jeux olympiques de Paris, lors desquels il a finalement été sacré en individuel et par équipe. Et si le nombre de zéros sur le contrat n’a pas suffi à le convaincre de changer de sport, c’est avant tout parce que le judoka savait qu’il trahirait les siens en acceptant.
« Demain, à la minute où je change de casquette et je vais dans le MMA, c’est toute une famille qui me tourne le dos », a-t-il confié au journaliste Mehdi Maïzi. « Je me suis entraîné dur, j’ai évolué avec eux, ils m’ont vu aux quatre coins du monde. Demain je ne peux pas me dire : “Je tourne la page, je change de sport et tant pis pour le judo” », a-t-il poursuivi.
« Je crois en cette jeunesse »
Autre problème : initié à l’art martial japonais à l’âge de 5 ans, Teddy Riner ne se reconnaît pas dans les valeurs du MMA. « Je respecte ces combattants, mais prendre des coups de poing et de pied dans la gueule, ça n’est pas mon truc. Pas davantage que d’en donner », a-t-il expliqué. Avant de conclure : « J’ai refusé parce que ce n’est pas mon ADN. J’aime ce que je fais, je suis bien où je suis et ce n’est pas l’argent qui va me faire changer. »
Des valeurs que le judoka souhaite partager avec la nouvelle génération, au cœur de l’actualité depuis le début du mouvement des lycéens. « Écouter les difficultés des jeunes, oui. Laisser la violence décider s’ils peuvent aller en cours, jamais », a-t-il écrit sur ses réseaux sociaux le 3 octobre, au plus fort de la contestation. « Je crois en cette jeunesse et je veux qu’un jeune qui pousse la porte de son lycée puisse penser à son avenir, pas à sa sécurité. »
Un franc-parler qui fait parfois de lui une cible. Mercredi 23 septembre, le parquet de Paris annonçait avoir ouvert une enquête pour injures publiques racistes et cyberharcèlement. Cela faisait suite à une interview donnée quelques jours plus tôt dans le cadre de l’émission Stade 2, où il faisait part de son « angoisse » face à la « montée de l’extrême droite ».


