Culture

Le nouveau film de Ridley Scott nous a franchement surpris, et en bien

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Nous sommes en 2035. La population a été décimée par un virus. Un pilote (Jacob Elordi), son chien et un ancien militaire (Josh Brolin) tentent de survivre au milieu des montagnes du Colorado. Entre l’intrigue, l’affiche hollywoodienne et la bande-annonce chargée en action, on s’attendait à ce que The Dog Stars soit un énième blockbuster apocalyptique, sombre et violent.

Adapté du roman éponyme de Peter Heller, publié en 2012 (La constellation du chien en français), le film de Ridley Scott, au cinéma le mercredi 26 août, casse les codes. C’est un film postapocalyptique sans zombie, ni contagion dramatique ou scare-jumps.

D’ailleurs, le réalisateur britannique de Gladiator ou encore Alien ne veut pas entendre parler de morts-vivants : « Pitié, arrêtons avec les zombies », s’est-il amusé auprès du HuffPost, quand nous l’avons rencontré à Paris la veille de la sortie du film, pour une interview vidéo à voir en tête d’article.

Que les fans du genre soient rassurés, il y a quand même des méchants au teint malade, des décors urbains fantomatiques, un nombre incalculable de balles tirées, des cadavres brûlés et des scènes d’actions mémorables. Mais The Dog Stars remet l’humain (et son meilleur ami le chien) au centre du récit de survie, et ça fait du bien.

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Un duo attachant

Jacob Elordi campe Hig, un héros de son temps, humaniste et émotif. Ancien mécano reconverti en pilote, il ne quitte jamais son vieux Cessna et son chien Jasper. Dévasté par la mort de sa femme pendant la pandémie, il n’a pas honte de pleurer (et il le fait beaucoup), ni de rêver à une vie meilleure. L’acteur de 29 ans est plus que convaincant dans le rôle et pour Ridley Scott, le diriger était même « l’expérience la plus simple » qu’il ait jamais vécue.

Face à lui, Josh Brolin dans la peau de Bangley ne semble jouer qu’une seule émotion : être bougon. Mais son personnage de dur à cuire, qui tire en pleine tête au moindre intrus, n’en est pas moins touchant.

Dans la base aérienne abandonnée où ils ont trouvé refuge, Hig et Bangley forment un duo attachant, tel un vieux couple. Cette dynamique apporte un lot inattendu de comédie au film, qu’on aurait aimé voir un peu plus exploré.

Road-trip en avion

Mais Hig ne veut pas se contenter de la routine de survie qu’ils ont mise en place ces dernières années. Avec son Cessna, il veut essayer d’atteindre Grand Junction, un lieu dont il ne connaît rien, à part la voix de la fréquence radio qu’il arrive parfois à capter.

À partir du moment où le héros part seul à l’aventure, The Dog Stars prend presque des airs de road-trip. Fini les virées déprimantes dans la ville abandonnée pour ramener des provisions et place à l’escapade en pleine nature. Sans grande surprise, un problème mécanique va le forcer à s’arrêter et à faire la rencontre de Cima (Margaret Qualley) et son père Pops (Guy Pearce), un fermier aussi peu souriant que Bangley.

Ridley Scott montre à partir de là une autre réalité de ce nouveau monde, bien plus qu’avec une attaque de survivants barbares. Les personnages d’Hig et de Cima incarnent une jeunesse en deuil, en recherche de connexion humaine, quand leurs aînés sont effrayés à l’idée de faire de nouvelles rencontres.

Décors magnifiques

L’espoir irrationnel que place Hig en Grand Junction n’est que le reflet de son besoin de faire communauté. On ne vous dira rien de cet endroit mystérieux, hormis que la courte performance d’Allison Janney vaut le détour, tout comme le voyage en avion pour y accéder.

Loin des décors habituels de dystopie, The Dog Stars s’est révélé très lumineux et poétique. La nuit, le héros dort à la belle étoile sous un ciel dénué de toute pollution. Le livre, et son adaptation, tient d’ailleurs son nom d’une constellation nommée en hommage à son chien, Le Grand Jasper.

The Dog Stars est un bijou visuel, qui mérite d’être vu sur grand écran pour admirer la beauté de ses plans, notamment aériens. Filmé dans les Dolomites en Italie, on a été scotchés devant l’immensité apaisante de la montagne, et son silence. Une fois dans les airs, Hig coupe le moteur et laisse son avion, comme son esprit, planer.

Ridley Scott a tenu à célébrer la nature, comme le fait le livre de Peter Heller. « Quand tout s’effondre, il ne reste plus que la nature, le temps, les saisons, les oiseaux et les abeilles. Et je pense qu’au bout du compte, c’est tout ce qui restera », présume le réalisateur à propos de notre monde. Avec The Dog Stars, il espère que les spectateurs « ouvriront les yeux » car l’effondrement, le vrai, n’est, d’après lui, pas loin.