Divertissement

Il n’y a pas que Céline Dion qui va s’en mettre plein les poches avec sa résidence à Paris

C’est l’évènement musical de l’année (voire de la décennie). Céline Dion débute le 12 septembre une série de 26 concerts parisiens. Plusieurs centaines de milliers de fans sont attendues dans la capitale au fil des seize dates étalées en septembre et octobre, et dix autres au printemps pour venir chanter J’irai où tu iras et I’m alive. Et de nombreux secteurs comptent bien capitaliser sur cette résidence historique.

Au total, ce sont environ 780 000 personnes qui verront Céline Dion en concert sur toute sa résidence. Cela représente 130 millions d’euros de recettes pour la billetterie de la 1ère vague de dates, et 80 millions pour la 2e. Une somme qui n’ira évidemment pas dans les poches de la chanteuse en intégralité puisqu’une très large équipe devra être rémunérée côté production, tourneur, techniciens, musiciens, sécurité, mais aussi les installations et le matériel loués etc. Outre celles et ceux directement impliqués dans le bon déroulé de la série de concerts, cette résidence « façon Las Vegas » va rapporter à beaucoup d’autres.

Les visiteurs ne sont pour la plupart pas Parisiens et devront donc tout d’abord venir à bon port. Première « industrie » à profiter des concerts de la star : les transports. Dans un communiqué envoyé par le site de réservation Trainline, on découvre ainsi que le nombre de voyageurs vers Paris va par exemple doubler sur la semaine du 11 au 18 septembre par rapport à la précédente. La hausse des réservations de voyageurs venant de l’étranger est encore plus importante avec par exemple +420 % depuis Zurich, +206 % depuis Barcelone,et +205 % depuis Londres. Même chose du côté des compagnies aériennes, le public de Céline Dion venant aussi pour beaucoup de l’étranger, et de très loin.

L’impact du tourisme musical

Ces centaines de milliers de spectateurs vont également devoir se loger. Celles et ceux qui ont des amis à Paris ou en proche banlieue pourront squatter un canapé, mais pour les autres, il faudra passer par la case hôtel ou Airbnb. Comme on peut s’en apercevoir rapidement en allant sur les sites de réservation d’hôtels, beaucoup affichent complet. Pour le reste, il est quasiment impossible de trouver une nuit à moins de 200 euros, grand minimum. De nombreux établissements ont en effet gonflé leurs tarifs parallèlement à l’explosion de la demande comme le soulignait Ouest France.

Et sur les plateformes comme Airbnb, même constat. Les titres de certaines annonces ont même été modifiés pour attirer spécifiquement les spectateurs de Céline Dion en affichant directement la proximité avec le lieu des concerts (la Plénitude Arena à Nanterre). Pour la première partie de sa résidence simplement, la Tribune estimait ainsi que les retombées sur l’hôtellerie seraient d’environ 165 millions d’euros.

Les calculs devraient aussi se révéler très bons pour le secteur de la restauration durant cette période et évidemment pour les établissements situés près de la salle de concert de Nanterre qui feront tables combles. Comme le précise le site de la mairie de la ville, certains ont de plus élargi modifié leurs horaires pendant cette période

De nombreux lieux, plus ou moins proches de la Plénitude Arena, ont même modifié leurs cartes avec des menus dédiés et imaginé des évènements spéciaux en raison de la présence de la chanteuse à Paris. On trouve ainsi un peu partout organisés dans la capitale des karaokés et des soirées dansantes avec DJ, toujours thématisés « Céline Dion ». Des évènements pour la plupart payants et sur réservation : il faudra par exemple s’acquitter de 42 euros pour un menu complet dans un restaurant du 17e transformé en dancefloor jusqu’à 2h du matin.

La « marque » Céline Dion

Ce « label » Céline Dion que se sont empressés de s’auto-tamponner de nombreux restaurants, bars et logements touristiques, d’autres en ont bénéficié de manière officielle. La marque Maje avait ainsi sorti en 2025 en collaboration avec Céline Dion une mini-collection capsule qui a été rééditée. Comptez 125 euros pour un t-shirt et 195 euros pour un sweat-shirt. Le pâtissier Pierre Hermé, célèbre dans le monde entier pour ses macarons, a aussi conclu une « vraie » collaboration avec la chanteuse. Les gourmandes pourront ainsi déguster les huit saveurs de macarons choisis par la chanteuse et vendus dans un emballage spécialement imaginé, au prix de 38 euros la boîte de 8 biscuits meringués.

Les spectateurs de Céline Dion (et les autres) peuvent d’ailleurs déjà savourer ces macarons et s’offrir un t-shirt de la marque française de prêt-à-porter haut de gamme aux Galeries Lafayette depuis le jeudi 3 septembre. Le grand magasin parisien y a ouvert un corner éphémère spécialement dédié à la résidence de concerts de Céline Dion. On y trouve également les produits dérivés classiques que s’arrachent les fans : t-shirts, tote bags, chaussettes et autres posters et cartes postales.

L’effet papillon

C’est déjà beaucoup, mais ce n’est pas tout. D’après une étude approfondie de Natixis publiée en avril dernier, l’impact macroéconomique de la résidence parisienne de la chanteuse québécoise devrait être colossal, et multisecteurs. Le « business Céline Dion » étend en effet ses ramifications bien plus loin, notamment en raison de la provenance parfois très lointaine d’une partie des spectateurs venus du Brésil, d’Australie, d’Amérique du Nord, d’Asie.

Beaucoup resteront à Paris (ou en île de France) plusieurs jours autour de la date du concert pour lequel ils ont des places. Et feront donc du tourisme « classique » dans la capitale : musées, restaurants, hôtels ou locations touristiques, shopping, etc…venant s’ajouter aux visiteurs « lambdas ». Natixis envisage par ailleurs des effets sur des secteurs moins « évidents » de l’économie comme les assurances et la sécurité.

Un expert précisait au printemps dernier à nos confrères de BFMTV que les 16 concerts de la chanteuse de cet automne devraient entraîner 1,2 milliard d’euros de retombées. S’il ne s’agit évidemment que d’estimations, elles sont tout de même de taille. Car si l’on y ajoute les dix dates de 2027, le total s’élève à 1,95 milliard. De quoi donner envie de chanter Pour que tu m’aimes encore. Encore et encore, et encore.