Politique

L’appel de Grégoire aux Parisiens pour venir « réparer » la capitale

Après la sidération et la désolation liées aux saccages et pillages inédits en France, lors de la grande journée de mobilisation samedi contre la « vie chère », voici venu le temps des réparations.

Comme le relève Emmanuel Grégoire dans un message publié sur son compte X ce dimanche 18 octobre, des Parisiennes et Parisiens ont déjà commencé à remettre en ordre les rues de la capitale, notamment la place de la République laissée complètement méconnaissable après les émeutes de la veille. Les pierres du socle de la statue de la République ont notamment été dégradées pour en faire des projectiles, tandis que des centaines de douilles de gaz lacrymogènes tapissaient encore le sol dans la matinée.

« J’invite chacun à venir nous aider ! », demande le maire de Paris, photos à l’appui de personnes déblayant la place avec gants et sacs-poubelle en mains. « Je suis dès ce jour avec eux sur le terrain, comme auprès des commerçants touchés », ajoute-t-il.

Par ailleurs, la Ville de Paris tient à saluer l’engagement d’environ 1 000 agents de la propreté, dont certains ont interrompu leurs vacances, mobilisés depuis la nuit dernière pour le « nettoyage des chaussées et des trottoirs, l’enlèvement des débris et la remise en état des espaces publics dégradés », et permettre un « retour à la normale dans les meilleurs délais ».

La Ville remercie en outre « les nombreux riverain-es et habitant-es qui se sont spontanément mobilisé-es pour participer aux opérations de nettoyage, témoignant d’un bel élan de solidarité dans les quartiers touchés ».

Des nettoyages spontanés à Lyon et Limoges

À Lyon aussi, certains habitants sont descendus spontanément dans les rues. Dans un reportage de l’AFP, Clémentine, Laurence et Nadège devaient aller courir ce dimanche matin. Mais après avoir vu les dégâts des pillages de la veille, elles sont venues aider à nettoyer les rues dévastées du centre-ville.

Gants latex bleu aux mains, portant des sacs-poubelle, les trois amies ramassaient avec d’autres volontaires les débris de verre jonchant le trottoir, au pied d’un magasin Sephora aux vitres détruites et entièrement dévalisé la veille par des pillards, dans le 2e arrondissement commerçant de la Presqu’île.

À côté d’elles, d’autres volontaires s’affairaient, des jeunes, des adultes, des parents avec des ados. Des sacs plastiques sont distribués, des gants en latex donnés pour ramasser là les restes noircis d’un feu de poubelles, ici de la terre d’un bac renversée au milieu de la chaussée.

Tous nettoient sous le regard de passants, venus nombreux dans les rues ce dimanche matin pour constater les dégâts, ébahis, téléphone en main. « Moi j’ai fait descendre mon fils, je l’ai réveillé pour qu’il vienne aider, qu’il voie l’ampleur des dégâts. Hier (samedi) je n’ai pas voulu qu’il aille manifester parce qu’il n’a que 15 ans et avec tout ce qui se passait, je lui ai dit de rester à la maison », raconte Nadège, une infirmière de 47 ans.

À Limoges, quelques badauds ramassaient aussi les déchets ce dimanche matin. « J’essaye de ramasser un petit peu parce que je me dis que pour les employés qui vont revenir demain, ce sera difficile de voir ça », témoigne Manon, dans un reportage de France 3 Nouvelle Aquitaine.