Politique

Macron et Lecornu sortent de leurs vacances pour une nouvelle mission ardue sur les incendies

C’est à peine la rentrée, qu’elle est déjà compliquée pour le duo exécutif. Sébastien Lecornu et Emmanuel Macron sortent tous deux de leur pause estivale pour se rendre sur le terrain, en l’occurrence sur le front des incendies, après une saison particulièrement éprouvante pour les soldats du feu.

Le chef du gouvernement est en Gironde auprès d’élus encore marqués par le mégafeu qui a ravagé 42 000 hectares fin juillet. Il s’est rendu dans la commune du Porge dès dimanche soir sans caméras. « Il a fait le tour de la commune du Porge avec le maire cet après-midi », a déclaré dimanche son entourage. Sébastien Lecornu « en a profité pour préparer les annonces de demain avec une série de rendez-vous. Et il a d’ailleurs fait évoluer les annonces de demain en conséquence après s’être fait une idée par lui-même », a ajouté son entourage.

Le président de la République, lui, doit s’entretenir avec des pompiers varois à Bormes-les-Mimosas, près du Fort de Brégançon, son lieu de villégiature traditionnel. Le premier doit lancer une mission de pilotage de la reconstruction des zones brûlées, l’illustration, selon son entourage, que « l’État présent dans l’urgence le sera dans le temps du relèvement », quand le second s’attachera plutôt à panser les plaies des acteurs mobilisés.

Tous deux quoi qu’il en soit, auront à faire face à la colère des habitants et des sapeurs-pompiers, maintenant que le gros de l’épisode est passé. Un vent de fronde qui a pris de l’épaisseur jeudi dernier, quand leurs responsables syndicaux sont ressortis « très déçus » d’une discussion au ministère de l’Intérieur. Ils appellent à une mobilisation sociale d’ampleur, sur plusieurs jours, en septembre prochain.

La colère sourde des pompiers

« Depuis des années, les interventions augmentent, les crises se multiplient, les risques et la société évoluent, mais les moyens ne suivent pas », a par exemple regretté Xavier Boy, le porte-parole de l’intersyndicale, au moment de quitter la réunion avec Laurent Nuñez, quand ses collègues indiquaient en avoir assez d’être qualifié de « héros », sans que ces applaudissements ne soient suivis de mesures politiques effectives.

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Concrètement, les sapeurs-pompiers déplorent ne pas avoir d’engagements sonnants et trébuchants sur leurs trois revendications principales. À savoir : consacrer avantage de moyens face à des interventions qui explosent, un recrutement massif de sapeurs-pompiers professionnels – ils sont environ 44 000 actuellement, sans compter les volontaires -, et l’adoption rapide d’un projet de loi de modernisation de la Sécurité civile. « Les feux de forêt cet été, qui ont été d’une ampleur exceptionnelle mais qui vont devenir la norme, ont démontré qu’on va droit dans le mur », a également jugé Ludovic Goblet, le vice-président du syndicat Spasdis-CFTC, en marge de l’entretien avec le ministre de l’Intérieur.

Charge désormais aux deux têtes de l’exécutif de réussir là où Laurent Nuñez a échoué. Pour ce faire, Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu pourront certes vanter l’avènement prochain de la fameuse réforme de la Sécurité civile, en gestation depuis 2024, et enfin annoncée pour l’automne à venir. Mais la tâche n’en reste pas moins ardue, alors que le.

Quelles réponses de l’exécutif ?

Pour cause, les pompiers, échaudés par le silence des pouvoirs publics sur leurs alertes récurrentes, et les dernières années d’atermoiements, attendent désormais des précisions que le gouvernement ne semble pas en capacité de fournir. La loi sur la Sécurité civile – qui doit leur être présentée le 8 septembre – apportera, il est vrai, son lot de réponses sur les missions des soldats du feu et les stratégies à adopter pour une meilleure coordination à l’échelle locale. Mais le nerf de la guerre, l’enjeu des moyens, viendra encore plus tard.

Comme l’a précisé Laurent Nuñez jeudi, lors d’un point presse improvisé en urgence face à la colère des professionnels, le gouvernement ne souhaite pas s’engager sur de quelconques chiffres étant donné que le budget alloué aux pompiers dépend, en grande partie, des collectivités territoriales. « Évidemment, je ne peux pas, cela aurait été totalement irresponsable de ma part », a ainsi expliqué le ministre de l’Intérieur, en assurant que « des discussions » sont en cours « avec l’association des départements de France et l’association des maires de France. »

Rebelote ce lundi ? Sébastien Lecornu et Emmanuel Macron n’auront sans doute pas beaucoup d’éléments supplémentaires à apporter aux soldats du feu, si ce n’est que la saison du budget sera l’occasion de revoir certains dispositifs de financement, et que l’Etat s’engage dès maintenant dans la reconstruction. Qu’importe. Leurs visites respectives servent aussi un enjeu de communication. Celui de se montrer au chevet des professionnels mobilisés cet été et dont le dévouement a marqué la population. Plutôt opportun après quelques jours de congé marqués par une nouvelle polémique sur le jet-ski présidentiel.