Après une nuit blanche, il n’y a pas que la sieste qui peut dissiper le brouillard mental
Manque de concentration, oublis fréquents, sensation de ne pas arriver à ordonner ses pensées… Après avoir mal dormi ou pire, après avoir fait nuit blanche, nous connaissons tous cette sensation d’avoir le cerveau qui mouline et de ne pas être au maximum de nos capacités intellectuelles.
Pour y remédier, on a alors tendance à privilégier les mêmes remèdes : ne pas trop en faire, se coucher tôt et, si c’est possible, piquer une sieste dans la journée pour faire face au manque de sommeil.
Il y a pourtant une autre option qui devrait retenir notre attention, surtout quand la sieste n’est pas envisageable : l’activité physique. C’est en tout cas la conclusion à laquelle sont parvenus des chercheurs de l’Université McGill, située à Montréal, dans une étude récemment publiée.
« Le manque de sommeil affecte presque tous les aspects de notre pensée et de notre fonctionnement, mais beaucoup de gens ne peuvent pas simplement interrompre leurs activités pour dormir davantage, confirme dans un communiqué Marc Roig, professeur à l’École de physiothérapie et d’ergothérapie de McGill et auteur principal de l’étude. Nos résultats montrent que même une courte séance d’exercice peut contribuer à préserver l’une de nos capacités cognitives les plus importantes. »
Mêmes bénéfices, mais des actions différentes sur le cerveau
Les chercheurs ont suivi 54 jeunes adultes en bonne santé qui, pour les besoins de l’étude, sont restés éveillés 30 heures consécutives sous surveillance en laboratoire. Ils ont ensuite été répartis en trois groupes : un premier pratiquant 20 minutes de vélo, un autre faisant une sieste de 90 minutes et un groupe témoin. Juste après le sport ou la sieste, ils leur ont soumis des images à mémoriser.
Trois jours plus tard, ils ont effectivement testé leur mémoire et se sont aperçus que les participants ayant fait du vélo et ceux ayant dormi avaient obtenu des résultats de 22 % supérieurs à ceux faisant partie du groupe témoin.
Comment l’expliquer ? C’est là que l’étude devient particulièrement intéressante : d’après ses auteurs, si la sieste et l’activité physique sont toutes les deux bénéfiques pour la mémoire, elles agissent sur elle de manière différente. « La sieste semble favoriser la régénération cérébrale, facilitant ainsi l’assimilation et la mémorisation de nouvelles informations. L’exercice physique, en revanche, aide le cerveau à utiliser plus efficacement ses ressources restantes, sans pour autant augmenter la sensation de fatigue chez les participants », détaillent les auteurs de l’étude.
Ils espèrent que ces résultats pourront aider à mieux gérer la fatigue dans les secteurs d’activité – la santé, les transports, les interventions d’urgence – où le manque de sommeil peut avoir des conséquences graves et où la sieste n’est pas toujours possible. Attention, précisent-ils néanmoins : si l’exercice physique peut temporairement aider à maintenir ses facultés cognitives, il ne peut sur le long terme remplacer une bonne nuit de sommeil réparateur.



