Ces aliments vendus comme hyperprotéinés sont surtout « ultratransformés » selon Foodwatch
Yaourts, salades, céréales, boissons… Dans les rayons des supermarchés, les produits riches en protéines sont omniprésents, et largement plébiscités par les consommateurs. Mais derrière leur marketing savamment travaillé, ils restent des produits ultra-transformés, dont la consommation importante « impacte négativement notre santé ».
C’est la conclusion de l’ONG Foodwatch, qui s’est penchée sur la composition de dix produits estampillés « ultra-protéinés ». Dans son enquête publiée ce mardi 22 septembre, elle met en garde contre la présence de « marqueurs d’ultra-transformation » tels que des amidons modifiés, du sirop de glucose ou encore des « additifs controversés pour la santé tels que des carraghénanes ou des édulcorants intenses comme l’acésulfame-K ».
Des marqueurs d’ultra-transformation
Parmi les produits épinglés par l’ONG, des barres protéines de la marque Nature Valley qui, outre ses pépites de chocolat et ses baies de cranberry, contient de nombreux additifs : « protéine isolée de soja, oligofructose, sirop de glucose, fructose, maltodextrine, émulsifiant (lécithines de soja) ou encore humectant (glycérol) ». Sans compter la présence d’huile de palme, dont la haute teneur en acides gras saturés contribue « à augmenter le cholestérol et les risques cardiovasculaires ».
Autres produits céréaliers dans le viseur de Foodwatch : les céréales Lion Protein de Nestlé, à la forte teneur en sucres (23 g/100 grammes) et les Wasa Protein+ dont le prix double en raison de l’ajout de gluten.
Les laitages contiennent eux aussi des marqueurs de l’ultra-transformation. C’est le cas de la boisson Hipro saveur myrtille commercialisée par Danone, qui est loin de n’être enrichi qu’en protéines, puisque des épaississants et des édulcorants intenses (acésulfame-K, sucralose) figurent à la liste de ses ingrédients. Les boissons lactées protéinées saveur chocolat de Lactel ou la boisson protéinée soja de la marque Alpro (Danone) contiennent, entre autres, de la gomme gellane.
Les salades et produits fruités ne sont pas en reste. Vendue par Carrefour, une salade de penne complètes et poulet mentionne dans sa liste d’ingrédients du dextrose et de l’amidon modifié de pommes de terre ainsi que du disulfite de potassium, « un additif associé à un risque accru de cancer et diabète de type 2 ». Enfin, les gourdes Andros Sport Whey & fruits contiennent des glycosides de stéviol, « un édulcorant intense controversé pour la santé ».
Un étiquetage obligatoire pour les produits ultra-transformés
Pour Foodwatch, la présence de ces ingrédients dangereux pour la santé est d’autant plus problématique que les produits ultra-transformés qui les contiennent se présentent souvent comme sains. « Le marketing de l’hyper-protéiné sert souvent d’écran de fumée au caractère ultra-transformé de ces produits. Les industriels joueraient sur le raccourci : protéine = bon pour la santé », dénonce l’ONG.
Pour mieux informer les consommateurs sur la composition de ces produits, Foodwatch réclame « un étiquetage obligatoire de l’ultra-transformation des produits en face avant des emballages, conjoint au Nutri-Score ». En partenariat avec Yuka et France Assos Santé, l’ONG a aussi lancé une pétition « pour demander des mesures concrètes afin de réguler les aliments ultra-transformés ». Elle a déjà été signée par près de 181 000 citoyens.



