L’hommage de l’équipe de rugby d’Argentine à Aramburu avant le procès de ses assassins
Un simple T-shirt noir floqué du numéro 13, avec inscrit en blanc au milieu : « Justicia por Fede » (« Justice pour Fred »). Les joueurs du XV d’Argentine ont rendu hommage à Federico Martin Aramburu (voir les images plus bas), samedi à Mendoza pendant l’échauffement avant leur match contre l’Australie (28-28).
L’ancien centre aux 22 sélections était tombé en 2022 à Paris après une dispute futile sous les balles d’un ancien militaire d’ultradroite. Le procès s’ouvre ce lundi 7 septembre à Paris.
L’hommage a aussi été répété lors des matches du championnat URBA de Buenos Aires, avec une émotion spéciale au CASI (Club Atletico San Isidro), club de jeunesse d’Aramburu.
Un crime « marqué par la violence, la haine et l’intolérance extrémiste »
La mobilisation de samedi en Argentine visait « à ce que, face à une éventuelle tentative de minimiser la gravité de ce qui s’est passé, la société se souvienne de ce qui va être jugé : l’assassinat d’un homme de 42 ans, père de trois enfants, à qui la vie a été arrachée » dans un crime « marqué par la violence, la haine et l’intolérance extrémiste », indique un communiqué au nom de la famille, des amis et de la communauté du rugby argentin qui reste dans le pays un sport secondaire, mais un petit monde soudé.
La Fédération argentine (UAR) a elle aussi exprimé dans un communiqué « son soutien à la demande de justice » pour Martin Aramburu.
Lundi pour le début du procès, aux côtés du principal accusé Loïk Le Priol, 32 ans, son ami Romain Bouvier, 35 ans, prendra aussi place dans le box de la cour d’assises de Paris : cet ancien étudiant en droit comparaît lui pour tentative d’assassinat, également passible de la réclusion criminelle à perpétuité.
En épilogue sanglant et sidérant d’une algarade alcoolisée en plein Quartier Latin à Paris le 19 mars 2022 à l’aube, les premières balles avaient été tirées par cet ancien de l’organisation étudiante d’extrême droite radicale GUD (Groupe Union défense), mais ce sont celles de Le Priol qui avaient tué l’ex-trois-quarts des Pumas argentins. Le crime s’était noué en quelques minutes, conclusion de l’escalade fulgurante d’une dispute entre fêtards à la terrasse d’une brasserie du boulevard Saint-Germain.


