Pour trouver une activité sportive à laquelle vous allez vous tenir, suivez les conseils de ces pros
Cette année, c’est décidé, vous vous y remettez ! En cette période de rentrée, commencer une activité sportive fait souvent partie des bonnes résolutions. Mais au moment de régler votre adhésion ou d’acheter une paire de baskets neuves, un doute vous assaille : et si cela se terminait, comme la dernière fois, par un abandon pur et simple en cours d’année ?
Cette situation, nombre de sportives et de sportifs l’ont déjà vécue. Pour éviter qu’elle ne reproduise, il faut donc se poser les bonnes questions. Bonne nouvelle, Le HuffPost l’a fait pour vous auprès de spécialistes.
Pour vous aider à trouver l’activité qui vous convient, nous avons interrogé Élise Anckaert, psychologue à l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (Insep) où elle accompagne des athlètes de haut niveau, et Romain Moreau, coach sportif et fondateur du studio Make Me Fit à Paris.
· Ne pas se lancer seul
Le premier conseil de nos deux spécialistes est de chercher, si possible, une activité à faire accompagné. « Le fait de s’engager dans une activité avec quelqu’un, c’est un vrai vecteur de motivation. La dimension sociale est très importante, on se soutient l’un l’autre », souligne Élise Anckaert. Que ce soit pour un footing, un cours de yoga ou une séance de musculation, vous avez plus de chance d’être assidu si un ou une partenaire compte sur votre présence hebdomadaire.
Et si vous n’avez pas de candidate ou de candidat dans votre entourage, il y a des solutions. À commencer par l’inscription dans un club, que le sport soit individuel ou collectif. « C’est un endroit où tu peux socialiser. Revoir les gens avec qui tu nages, par exemple, ça va t’encourager à aller à l’entraînement. “J’ai pas envie d’y aller mais j’ai envie de les voir” », souligne Romain Moreau, qui pratique également la natation.
Ne pas négliger non plus la relation avec le ou la coach qui encadre l’activité, souligne Élise Anckaert. « La qualité du lien est là aussi très importante, d’autant que cette personne est là pour aider à dépasser ses limites dans la durée. » Cela peut toutefois être à double tranchant. « Pour des activités comme le yoga ou la boxe, par exemple, c’est très difficile s’il n’y a pas de feeling. » Et de poursuivre : « Le choix de l’interlocuteur est donc très important, lorsque c’est possible. Mais l’offre est inégalement répartie sur le territoire. »
· Insérer la pratique dans son quotidien
« L’une des premières choses que je conseille, c’est de trouver un endroit près de chez soi. En septembre, on est motivé, mais quand il fera nuit à 17h puis froid, cela deviendra beaucoup plus compliqué », pointe Romain Moreau. « Si se rendre à l’entraînement devient trop contraignant à terme, c’est un facteur d’échec », abonde Élise Anckaert. « Il faut quand même s’économiser de l’énergie pour la mettre sur la pratique sportive, justement. »
La psychologue souligne par ailleurs le fait que le cerveau n’aime pas le changement. Si une pratique sportive nouvelle bouleverse votre quotidien, le risque est grand que cela aboutisse à l’abandon de l’activité et à un retour à la case départ. « Il est inutile d’être trop ambition d’un seul coup. L’idée est plutôt de faire des petits pas qui s’intégreront bien à l’emploi du temps, pour que cela devienne une routine à terme. »
· S’interroger sur sa motivation et choisir en conséquence
Il y a autant de motivation à pratique un sport que de sportives et de sportifs. Muscler son corps, améliorer sa santé, avoir une activité artistique, prendre l’air régulièrement, faire des rencontres amicales voire romantiques, s’offrir une soupape en dehors du cadre familial ou professionnel, se lancer un défi personnel…
« Avant de lancer, il est vraiment important de définir ses objectifs. Il y a plein de gens qui ne savent pas pourquoi ils veulent faire tel ou tel sport », constate Romain Moreau. « La motivation, c’est un ensemble de forces qui poussent les individus à agir ! » Une fois les objectifs principaux et secondaires définis, vous pouvez plus facilement trouver le sport et le cadre qui vous conviennent, diminuant ainsi le risque de jeter l’éponge en cours d’année.
· Y aller progressivement en se fixant des objectifs
Pour se dégoûter d’une activité, rien de tel que de commencer bille en tête et de s’épuiser. « On n’est pas dans le sport de haut niveau, il n’y a pas forcément la nécessité de se faire du mal d’emblée », observe Élise Anckaert, qui conseille d’y aller « étape par étape en se fixant des défis ou objectifs concrets, correspondant à son niveau, pour que ça tienne dans le temps ».
« Noter les séances pour apprécier les progrès concrets, cela va inciter à persévérer parce que tu vois que ça marche », complète Romain Moreau. De Strava à Hevy, les applications permettant de faire ce travail ne manquent pas.
· En cas de coup de mou
Parcourir cet historique devrait vous aider en cas de baisse de motivation d’ici quelques mois et l’arrivée de l’automne. « Lorsque tu vois les progrès effectués, tu n’as pas envie de revenir en arrière », souligne le coach sportif. « Le soutien social sera aussi déterminant pour se remettre en selle en cas de baisse de motivation : l’entraîneur, l’équipe, le ou la partenaire… », complète Élise Anckaert, qui souligne que la période hivernale est difficile même pour les athlètes de haut niveau. Ne pas hésiter, donc, à envoyer quelques messages pour trouver du soutien et reprendre le chemin de l’entraînement !
· Pourquoi ça vaut le coup d’essayer
Pour Élise Anckaert, les innombrables bénéfices du sport sur la santé justifient de tenter de s’y remettre, malgré d’éventuels échecs par le passé. « Le sport est un vrai facteur de prévention de la santé physique et mentale, en particulier chez les personnes qui travaillent beaucoup, par exemple. » C’est – en partie – ce qui explique le succès de la course à pied, selon elle. « Les runners parlent souvent de l’effet clarifiant que peut avoir cette activité sur les pensées. »



