Santé

Trump relance son offensive sur la vaccination des enfants (et il raconte encore n’importe quoi)

Des injections « de la taille d’une bouteille de soda » qui seraient administrées aux enfants, selon Donald Trump. Rien que ça. Le président américain a relancé son offensive contre la vaccination en signant ce lundi 10 août un décret contenant de nouvelles recommandations, faisant une nouvelle fois fi des consensus scientifiques sur le sujet.

Le président américain s’est de nouveau lancé sur les liens entre la vaccination et l’autisme lors de la présentation de ce texte, l’une des rengaines qu’il partage avec son ministre de la Santé, Robert F. Kennedy Jr. « Il y a des décennies, les enfants ne recevaient qu’une petite fraction des vaccins demandés aujourd’hui. À l’époque les gens étaient en bien meilleure santé et, bien sûr, le taux élevé d’autisme que nous voyons aujourd’hui n’existait pas », a affirmé Donald Trump dans le Bureau ovale, où il a mentionné ce trouble neuro-développemental à plusieurs reprises.

« Nous ne savons pas » ce qui cause l’autisme, a-t-il toutefois reconnu. En effet, la recherche médicale n’a jamais établi de liens entre autisme et vaccination. Pourtant, le président américain comme Robert F. Kennedy Jr continuent de suggérer qu’il pourrait y en avoir un.

Dissocier les vaccins pour les enfants, sans explication

Le texte de Donald Trump recommande par ailleurs de dissocier en particulier les vaccins contre la rougeole, la rubéole et les oreillons, au lieu de les administrer en une injection, a fait savoir le président américain. Le ministère mettra ainsi en place un groupe de travail chargé de proposer ces vaccins sous forme individuelle « en collaborant avec le secteur privé et d’autres pays, le cas échéant ».

Lors d’une conférence téléphonique avec des journalistes, Andrew Racine, président de l’Académie américaine de pédiatrie (AAP), a estimé qu’il faudrait plus d’une décennie pour mettre au point des vaccins séparés homologués aux Etats-Unis. « Nous recommandons de continuer à administrer aux enfants un vaccin dont la sécurité est étayée par des décennies de données », a ajouté Aaron M. Milstone de l’AAP.

Dans un appel distinct, des hauts responsables de la Maison Blanche ont été interrogés sur les raisons pour lesquelles le président souhaitait dissocier ces vaccins. Ils n’ont fourni aucune explication claire.

Un décret qui va « compromettre la sécurité des enfants »

Le sénateur républicain Bill Cassidy lui-même médecin, a affirmé sur X que ce décret ne ferait qu’« accroître la méfiance et compromettre la sécurité des enfants ». « Ce décret est une erreur. Le président ne dispose pas de l’expertise nécessaire pour mettre en œuvre ces changements. Les vaccins sont extrêmement sûrs. Les vaccins sont efficaces. Les vaccins NE PROVOQUENT PAS l’autisme », a-t-il ajouté.

Le gouvernement fédéral, n’ayant pas l’autorité pour prendre directement des décisions en matière de vaccins, se contente de conseiller aux États américains de revoir les vaccins obligatoires pour fréquenter des établissements scolaires. Ce décret signé lundi arrive au moment où des millions d’enfants feront leur retour sur les bancs des écoles du pays, qui connaît sa pire épidémie de rougeole depuis 35 ans.

Connu pour ses positions antivaccins, Robert Kennedy Jr a initié depuis sa nomination comme ministre de la Santé un large réexamen des vaccins, dont certains utilisés depuis des décennies, remanié le calendrier des vaccinations pédiatriques et coupé des financements au développement de nouveaux vaccins, autant de mesures vivement condamnées par la communauté médicale et scientifique.

La justice américaine avait suspendu plus tôt dans l’année la refonte de la politique vaccinale américaine qu’il avait initiée. Plusieurs associations de soignants affirmaient alors que ces nouvelles mesures étaient illégales.

« Les modifications proposées par l’administration Trump au calendrier vaccinal des enfants illustrent les risques liés au fait de laisser les recommandations du gouvernement occuper une place privilégiée dans la prise de décision médicale », a déclaré Jeffrey Singer de l’institut Cato dans un communiqué.