Culture

Noël Godin, le célèbre « entarteur » de Bill Gates ou de BHL, est mort à 80 ans

Le célèbre « entarteur » de personnalités, Noël Godin, est décédé ce dimanche 23 août à l’âge de 80 ans. « Il est mort tôt dimanche matin », a indiqué à l’AFP sa compagne Sylvie Broodthaers ce lundi, confirmant des informations de la presse belge. « Entartons les pompeux cornichons ! » avait coutume de dire Noël Godin, alias Georges Le Gloupier. Il s’était fait une spécialité du jet de tarte à la crème sur les personnalités qu’il jugeait trop vaniteuses.

Le belge avait par exemple inscrit à son tableau de chasse l’essayiste Bernard-Henri Levy. « À vrai dire quand il ne sera plus là, je serai désemparé », avait-il confié en 2021 lors d’un entretien avec l’AFP. Noël Godin disait alors avoir entarté huit fois l’intellectuel français, sans compter les actes des assaillants qui l’ont imité à travers le monde.

Il avait fait de nombreuses autres victimes comme le réalisateur Jean-Luc Godard ou encore l’ancien ministre Jean-Pierre Chevènement. Son « meilleur coup » restant l’homme d’affaires Bill Gates, avait-il assuré dans les médias. En 1997, il avait même chargé des complices d’« entarter » le futur président français Nicolas Sarkozy, restant lui-même en retrait de peur d’être reconnu.

L’écrivaine Marguerite Duras, sa première personnalité « entartée »

Né à Liège (est) le 13 septembre 1945, Noël Godin, humoriste et journaliste de cinéma va découvrir sa vocation grâce à l’écrivaine Marguerite Duras, sa première personnalité « entartée ». L’implication de la romancière française est d’abord née dans l’imagination de Godin, qui s’amuse à répandre des « faux » dans une revue belge de cinéma.

Dans ce magazine, il raconte un jour que Georges Le Gloupier, son double fictif, a entarté le cinéaste Robert Bresson. Dans un autre numéro, Marguerite Duras annonce sa décision de venger ce dernier en s’attaquant à Le Gloupier. Elle le surprend sur la terrasse du café Flore à Paris et l’entarte. Le ton est donné. Et Noël Godin saisit l’occasion d’une visite de Duras en Belgique pour « passer du faux au réel ». Une tarte à la crème s’écrase sur elle le 11 novembre 1969.

Ses victimes n’ont pas saisi la justice face à ces attaques à la tarte, excepté l’ancien ministre Jean-Pierre Chevènement, victime lors du Salon du livre à Paris en mars 2002. Il avait expliqué avoir été victime de « violences volontaires avec préméditation » de la part du célèbre « entarteur ». Ce dernier avait été condamné à 800 euros d’amende.