Politique

La justice ouvre une enquête pour détournement de fonds publics contre Bally Bagayoko

La procédure judiciaire enclenchée contre Bally Bagayoko suit son cours avec l’ouverture, ce lundi 24 août, d’une enquête pour détournement de fonds publics. Logique, après les deux plaintes déposées par l’association AC Anti-Corruption. Le Parquet national financier (PNF) va donc examiner la façon dont l’actuel maire LFI de Saint-Denis a été employé à la RATP.

Dans un communiqué, l’institution judiciaire créée sous François Hollande explique vouloir « procéder aux vérifications utiles concernant les conditions d’emploi » de Bally Bagayoko. Au cœur de l’été, Le Canard enchaîné a révélé qu’« avant de conquérir la mairie de Saint-Denis, Bally Bagayoko avait longtemps cumulé mandat local et poste de cadre à la RATP ». Le journal parlait d’un « recrutement sans concours », d’« horaires élastiques » et de « généreuses indemnités ».

Le président d’AC Anti-corruption, Marcel Claude, s’est dit « très satisfait » de l’ouverture de cette enquête, expliquant que son seul moteur, c’est le respect de « l’argent public », et « rien d’autre ».

Mais pour l’élu de La France insoumise, il s’agit simplement d’une « volonté de [le] discréditer politiquement ». « On n’a pas affaire à un maire délinquant, et encore moins à un maire bénéficiant d’un emploi fictif ou d’un détournement de fonds publics », se défendait-il dans les colonnes du Parisien mi-août. Une version confirmée par la RATP, qui a rejeté toutes « les allégations d’emplois de complaisance au sein de l’entreprise ».

En l’espèce, la RATP affirme que Bally Bagayoko « a été recruté en 2001 après avoir passé les entretiens d’embauche puis ceux préalables à la titularisation comme c’est le cas pour tous les agents de la RATP ». L’entreprise se dit prête à fournir « toutes les pièces et documents » que demandera la justice.

Plusieurs élus de Seine-Saint-Denis, y compris parmi ses opposants, reconnaissent que Bally Bagayoko a bien travaillé à la RATP, balayant tout soupçon d’emploi fictif. « C’était quelqu’un de compétent », a loué l’ex-maire de Sarcelles François Pupponi, proche du MoDem, auprès du Parisien. « Dès qu’on avait un problème ou qu’on voulait contacter la RATP, c’est vers lui qu’on se tournait », concède aussi l’ancien maire PS de Villiers-le-Bel Jean-Louis Marsac. À ce stade, Bally Bagayoko demeure présumé innocent.