Après l’officialisation de Glucksmann, qui sont les candidats à la primaire du PS ?
La primaire de l’espace social-démocrate peut décoller. L’annonce de la candidature de Raphaël Glucksmann, dimanche 23 août sur le plateau du « 20 heures » de TF1, a presque officiellement lancé les hostilités, tant le patron de Place publique fait figure de favori. Mais il trouvera face à lui plusieurs concurrents, dont certains ont une vraie expérience de campagne électorale.
À commencer par Ségolène Royal, 72 ans, plusieurs fois ministre (et surtout finaliste de l’élection présidentielle de 2007). Face à Nicolas Sarkozy, elle avait réuni 25,8 % des voix au premier tour et 46,9 % au second. De quoi faire rêver le PS d’aujourd’hui, qui n’a plus atteint le second tour d’une élection présidentielle depuis 2012. Dimanche soir, Ségolène Royal a été l’une des premières à commenter l’annonce de Raphaël Glucksmann, demandant aux chaînes de télévision de respecter « l’égalité des temps de parole », elle qui n’a encore eu droit à aucune invitation au JT.
L’ex-ministre de l’Environnement en a surtout profité pour tacler le patron de Place publique, rappelant qu’en 1995, Édouard Balladur était le « chouchou des médias », « élu » par certains « avant l’heure ». Il a finalement été éliminé dès le premier tour. Suivez son regard. Début juillet, en annonçant (par surprise) sa candidature, Ségolène Royal expliquait avoir pris sa décision « avec humilité, sans ego, et sans posture de supériorité comme on en voit trop ». Face à une extrême droite « aux portes du pouvoir », elle s’interrogeait alors : « Comment pourrais-je ne rien faire ? »
Face à elle, deux députés sont tout aussi déterminés à recevoir l’investiture du Parti socialiste et de Place publique. Jérôme Guedj, 54 ans, et Philippe Brun, 34 ans, font figure d’outsider. Le premier a confirmé auprès de La Tribune dimanche sa participation à la primaire : « J’ai toujours dit que dès l’instant où il y aurait un processus de départage sincère, j’y prendrais toute ma place ». L’élu de l’Essonne, qui n’aime rien tant que mettre en scène son hostilité à Jean-Luc Mélenchon après avoir été l’un de ses proches, dit vouloir s’adresser aux « orphelins d’une gauche républicaine ». Selon lui, « il n’y a aucun favori dans cette primaire ».
Quid d’Olivier Faure et de Boris Vallaud ?
Philippe Brun, lui, est moins connu du grand public. Ex-proche d’Arnaud Montebourg, le député de l’Eure a acquis la casquette de négociateur du budget au sein du PS. Sa ligne ? Une défense de la France « populaire et rurale », qui passe notamment par une hausse des salaires. Le PS est selon lui « trop urbain et trop centré sur les questions sociétales ». Philippe Brun a surpris son monde en plaidant mercredi pour l’introduction d’une part de capitalisation dans les retraites, une mesure habituellement défendue par la droite.
Reste deux inconnues. Olivier Faure, 58 ans, va-t-il se déclarer candidat à la primaire ? Selon plusieurs sources, le Premier secrétaire du PS pourrait l’officialiser ce week-end, aux universités d’été du parti à Blois (Loir-et-Cher). Il a fait plusieurs pas en ce sens ces dernières semaines, se présentant mi-juillet lors d’un déplacement à Avignon comme « l’un des possibles candidats à la primaire » prévue en octobre. Quid de Boris Vallaud ? Au PS, beaucoup soupçonnent leur président de groupe à l’Assemblée nationale de nourrir des ambitions. « J’ai envie d’aller à la bagarre », confirmait-il dans Le Parisien en juillet. Sans en dire plus depuis.
En revanche, François Hollande ne participera pas à la primaire. S’il n’a pas écarté l’idée d’une candidature à la présidentielle, allant même jusqu’à expliquer à Marianne « s’y préparer », l’ancien chef de l’État entend seulement jouer le rôle de recours si la candidature du candidat officiellement investi par le PS ne décolle pas dans les sondages à la fin de l’année.


