Politique

Les règles de la primaire du PS et Place publique sont fixées, et un point va faire débat

À quelques jours du début de ses universités d’été à Blois, le Parti socialiste avance vers l’élection présidentielle. Le PS et Place publique ont ratifié ce mardi soir l’accord trouvé sur les modalités de la « primaire de la gauche socialiste et démocratique ». Elle aura lieu en deux tours, les 9 et 10 octobre puis les 16 et 17 octobre, afin de désigner leur candidat pour 2027.

L’accord a été ratifié par le Conseil national du PS, par 159 voix pour, 32 contre et 21 abstentions. L’Assemblée politique nationale de Place publique, le parti de Raphaël Glucksmann, l’a de son côté ratifié à l’unanimité.

En vertu de cet accord, le vote pour désigner celui qui représentera l’arc social-démocrate à l’élection présidentielle de 2027 sera un scrutin électronique uninominal. Les candidats devront se déclarer entre le 1er et le 15 septembre.

Un tarif à 15 euros finalement acté

À ce stade, quatre candidats ont déjà annoncé qu’ils souhaitaient participer : Raphaël Glucksmann et trois socialistes, les députés Philippe Brun et Jérôme Guedj, ainsi que l’ex-candidate à la présidentielle Ségolène Royal. Le patron du PS Olivier Faure n’a pas encore fait acte de candidature.

Pour pouvoir se présenter, il faut pour les socialistes les parrainages de quinze membres du conseil national, ou de dix parlementaires, ou de cinquante conseillers régionaux ou départementaux sur huit départements et trois régions, ou encore de cinquante maires répartis sur trois régions.

Pourront voter les militants socialistes et de Place publique « à jour de cotisation », ainsi que les personnes qui adhéreront à un des deux partis ou auront cotisé à « un pôle social-démocrate », structure tierce créée pour ceux qui ne souhaitent pas adhérer à un parti. Cette structure s’appellera « Association de financement de la désignation de la candidature de la gauche socialiste et démocratique ».

Ils devront pour cela s’acquitter d’une cotisation de 15 euros, un prix qui a beaucoup fait débat ces dernières semaines. « C’est délirant, qui va payer quinze euros pour participer à la primaire ? C’est totalement déconnecté », avait dénoncé le candidat Philippe Brun, quand Ségolène Royal expliquait que ce tarif était « trop cher ».

Un tarif dit social à 10 euros a finalement bien été approuvé : selon Libération, celui-ci est réservé aux personnes sans emploi, disposant de revenus trop faibles ainsi que les étudiants, qui devront signer une attestation sur l’honneur.

Les 32 votes « contre » et les 21 abstentions au sein du Conseil national du PS sont en tout cas bien liés à ce tarif de 15 euros, également jugé trop élevé par le courant d’Olivier Faure.

Les électeurs ne pourront pas adhérer ou cotiser le jour du vote. Il faudra l’avoir fait au plus tard 3 jours avant le premier ou le second tour.

Pas de référence à LFI dans la charte des valeurs

La direction du PS a également obtenu que dans la charte des valeurs que devront signer tous les candidats ne figure pas la mention qu’« il n’y aura pas d’accord avec LFI aux législatives », contrairement à ce que souhaitait Raphaël Glucksmann.

« Cela n’avait pas sa place dans ce genre de charte », explique un socialiste. Raphaël Glucksmann, officiellement candidat depuis dimanche, a promis d’en faire un des sujets du débat public.

Les candidats doivent par ailleurs s’engager, à travers cette charte, « à proposer le rassemblement à tous les partis de la gauche démocratique, écologique et républicaine afin de construire ensemble un programme commun, un accord législatif et un contrat de gouvernement », a précisé le PS dans un communiqué.

Le petit parti Gauche républicaine et socialiste (GRS), du député Emmanuel Maurel, pourrait par ailleurs se joindre à la primaire, a appris l’AFP de source socialiste.