Politique

Après l’affaire Lyhanna, des centaines de suspects de violences sexuelles sur mineurs incarcérés

Depuis le 8 juin, la justice française œuvre sans relâche pour passer au crible des dizaines de milliers de plaintes pour violences sexuelles sur mineurs. Deux mois après l’instruction donnée par Gérald Darmanin de réexaminer près de 70 000 dossiers, « 1 587 personnes ont été incarcérées pour des faits de violences sexuelles sur mineurs ». Le ministre de la Justice Gérald Darmanin indique à La Voix du Nord, qui publie ces chiffres, que ces derniers représentent « sept fois plus que d’habitude ».

À l’origine de cette revue nationale, il y a la mort de Lyhanna, une collégienne de 11 ans, décédée après avoir été agressée sexuellement. Son violeur présumé, Jérôme Barella, avait déjà fait l’objet de plusieurs plaintes qui n’avaient pas donné lieu à des poursuites. Une succession d’erreurs individuelles au sein de la chaîne policière et judiciaire avaient été pointées du doigt par le gouvernement tandis que les magistrats dénonçaient, eux, un manque de moyens.

2 100 informations judiciaires ouvertes

L’objectif de la procédure lancée par le garde des Sceaux est notamment de reprendre l’examen de dossiers parfois anciens pour déterminer si des éléments nouveaux pouvaient justifier la reprise d’investigations ou l’engagement de poursuites. La Chancellerie souhaite ainsi éviter que des faits susceptibles de constituer des violences sexuelles sur des mineurs restent sans suite.

Depuis la consigne passée par Gérald Darmanin, environ 2 100 informations judiciaires ont été ouvertes et confiées à des juges d’instruction. Selon les chiffres transmis par le ministre de la Justice, cela représente une progression de « 280 % par rapport à la même période de l’année précédente ». L’ouverture d’une information judiciaire permet notamment au juge d’instruction de mener les investigations qu’il estime nécessaires afin de rassembler les éléments de preuve et d’établir les circonstances des faits.

« Je remercie les magistrats du parquet et du siège, les forces de l’ordre et l’ensemble des agents du ministère de la Justice pour leur engagement sans faille dans l’investigation des plaintes pour violences sexuelles sur mineurs. La protection de nos enfants l’exige », a écrit Gérald Darmanin sur X au moment d’annoncer ces chiffres.