François Fillon rattrapé par une nouvelle sanction, plus d’un an après sa condamnation
Une nouvelle sanction pour François Fillon après le « Penelopegate ». L’ancien Premier ministre a été suspendu de la Légion d’honneur pour une durée de 10 ans, selon un décret publié au Journal officiel ce jeudi 20 août, plus d’un an après sa condamnation dans le dossier des emplois fictifs de son épouse Penelope.
« Par décret du Président de la République en date du 19 août 2026, (…) M. François Fillon, né le 4 mars 1954 au Mans (Sarthe), est suspendu pour une durée de dix ans (…) de l’exercice des droits et prérogatives attachés à sa qualité de grand officier de la Légion d’honneur », indique le Journal officiel.
L’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy (2007-2012) et candidat à l’élection présidentielle de 2017 a aussi été suspendu pour 10 ans de l’ordre national du Mérite, dont il est grand-croix, selon un autre décret publié jeudi.
Un pourvoi en cassation dont il s’était désisté
Le 17 juin 2025, la cour d’appel de Paris avait condamné l’ex-locataire de Matignon, à l’issue d’un troisième procès, à quatre ans de prison avec sursis, 375 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité. Il avait formé un recours en cassation dont il s’était finalement désisté le 16 février 2026, rendant sa peine définitive.
La décision de la cour d’appel de Paris de février 2025, intervenue plus de huit ans après l’explosion du « Penelopegate » en plein dans la campagne présidentielle de 2017, où il était candidat de la droite et du centre, permettait à François Fillon d’échapper au bracelet électronique.
En effet, il avait auparavant été condamné à une peine plus lourde, le 9 mai 2022 : d’autres magistrats de cette même cour d’appel avaient alors prononcé quatre ans de prison dont un an ferme, avec la même amende, mais 10 ans d’inéligibilité.
La Cour de cassation avait ensuite, en 2024, partiellement annulé cette décision et ordonné un nouveau procès pour François Fillon mais uniquement sur le montant de sa peine – sa culpabilité, notamment pour détournement de fonds publics, étant définitive.
Sa condamnation étant définitive, François Fillon ne peut envisager un quelconque retour politique dans l’immédiat : il lui est interdit de se présenter à une élection jusqu’en 2030. À la barre, François Fillon avait parlé d’une « blessure morale » concernant la peine d’inéligibilité, bien qu’il dise ne nourrir aucun projet de retour en politique et se consacrer à son activité de conseil.



