Platini règle ses comptes avec Infantino, qui aime « beaucoup l’argent et le pouvoir »
Son combat contre Gianni Infantino est personnel. Michel Platini, légende du football français et ancien président de l’UEFA, a estimé ce dimanche 30 août sur Canal+ que le président de la Fifa doit « partir » de son poste. L’occasion aussi de régler ses comptes avec un homme qu’il connaît très bien, eux dont les carrières se sont croisées.
« J’ai toujours su qu’il aimait beaucoup l’argent et le pouvoir », a affirmé l’ancien numéro 10 des Bleu dans le Canal Football Club.
Au mitan des années 2010, Michel Platini et Gianni Infantino travaillaient ensemble, avant la déchéance du premier, alors promis à la présidence de la Fifa avant d’être écarté de la course en raison d’accusations d’escroquerie. Celles-ci se sont soldées par un acquittement définitif en Suisse, en août 2025. Reste que sa mise à l’écart de la tête de l’UEFA (2007-2015) a ouvert la voie à l’élection inattendue à la tête de la Fifa en février 2016 de celui qui était son homme de confiance, son secrétaire général, c’est-à-dire son numéro 2 au sein de la confédération européenne…
« Infantino a failli »
« Ce n’est pas lui qui m’a fait tomber, il en a profité. Mais maintenant qu’il y a beaucoup d’enquêtes qui sont faites sur lui dans le monde, il y a des bruits qui circuleraient comme quoi il était au courant de certaines choses. Suite au prochain épisode », a avancé Michel Platini ce dimanche. Pour rappel, il a porté plainte en juin contre Gianni Infantino pour « dénonciation calomnieuse » et « trafic d’influence ».
Tout sauf un détail puisque Michel Platini estime que la voie judiciaire est la meilleure, la seule manière de débarrasser le football de son ancien bras droit. « Ce ne sera pas par les instances du sport que ça se réglera et qu’il tombera. Je pense que si l’UEFA veut faire tomber Infantino, ce sera par la justice. »
La confédération européenne, alliée aux confédérations de l’Amérique du Nord et des Caraïbes (la Concacaf) et des sélections asiatiques (l’AFC), mène la fronde du côté des instances du football mondial pour tenter de faire partir le patron de la Fifa, en poste depuis 2016 et candidat à sa propre succession pour l’élection prévue en mars 2027 au Maroc.
« Des bureaucrates qui pètent un boulon »
En parallèle, l’UEFA prépare aussi une plainte en droit suisse contre Gianni Infantino pour « gestion déloyale », tout en cherchant un candidat à lui opposer en 2027.
« C’est un microcosme de gens qui se prennent pour les patrons du football. Les patrons du football ce sont les Mbappé, les Zidane, les Maradona… Mais eux, ce sont des bureaucrates qui arrivent à un certain endroit […] et qui pètent un boulon », a encore dénoncé Michel Platini à propos des dirigeants des instances du football, au sein desquelles il a confirmé qu’il n’envisageait aucun retour.
Et d’en revenir à la gestion récente de Gianni Infantino. « Les pauses publicités (les pauses fraîcheur systématisées durant la Coupe du monde 2026, ndlr) ne sont pas dans les règlements, la mi-temps de la finale à 30 minutes, ce n’est pas dans le règlement et le carton rouge, c’est le pire. Il est le garant (des règles, ndlr), il ne les respecte pas, il doit partir », a déclaré le triple Ballon d’Or, en référence à la suspension de l’attaquant américain Folarin Balogun annulée durant le Mondial après une intervention de Donald Trump. Ce qui lui fait conclure : « Les affaires économiques sont une chose, mais je pense qu’Infantino a failli parce qu’il est le garant des règles du jeu et il ne les a pas respectées. » Un véritable réquisitoire.



