Politique

Cette nouvelle candidature de Roussel à la présidentielle a tout pour déplaire à Mélenchon

Fin du suspense, il est de retour sur la ligne de départ. Comme en 2022, Fabien Roussel va porter les couleurs du Parti communiste à l’élection présidentielle. Le secrétaire national du PCF a officialisé sa candidature ce dimanche 6 septembre sur TF1, quelques heures après la fin d’un vote des militants de son parti qui ont validé à 72 % cette stratégie pour 2027.

L’ancien député du Nord a aussitôt dévoilé son affiche de campagne où le mot « Vivre » est écrit en grand. Il promet un « programme de rupture » où la valeur travail sera centrale avec le développement d’un grand plan industriel qui fera la part belle au nucléaire.

Le désormais maire de Saint-Amand-les-Eaux, n’entend pas passer par une quelconque primaire et envisage donc de permettre un choix supplémentaire aux électeurs, quitte à participer à l’émiettement de l’offre à gauche. Et sur ce point, s’il y a bien un candidat qui a toutes les raisons de ne pas s’en satisfaire, c’est celui qui fait la course en tête.

Jean-Luc Mélenchon, car c’est bien sûr de lui dont il s’agit, a déjà dit tout le mal qu’il pensait d’une telle candidature. « Cela me déçoit. J’ai été le candidat du Parti communiste à deux élections présidentielles en 2012 et 2017. Qu’ai-je fait depuis qui me vaille un tel opprobre, autant de critiques ? », s’était demandé le fondateur de La France insoumise en juillet sur France 3. Il faisait alors référence à ses deux premières élections lors desquelles le PCF avait décidé de le soutenir dès le premier tour.

Les fameuses 400 000 voix de Mélenchon

« Le problème de la gauche ce n’est pas qu’il y ait plusieurs candidats, a répondu Fabien Roussel sur TF1. C’est qu’elle ne soit pas majoritaire dans le pays. » Par sa candidature, il doit vouloir convaincre « des hommes et des femmes qui ne votent plus ou qui s’égarent dans leur vote » et ne « veut prendre (des voix) à personne ».

Craignant pour sa survie et après l’arrivée de Fabien Roussel à sa tête, le PCF avait changé de stratégie en 2022. Et les résultats du premier tour avaient donné des regrets à Jean-Luc Mélenchon, qui avait rapidement sorti la calculatrice pour constater qu’il avait été éliminé pour 400 000 voix. Dans son esprit, si les 2,28 % de Fabien Roussel s’étaient additionnés à ses 21,95 %, il aurait battu Marine Le Pen et ses 23,15 %, et aurait affronté Emmanuel Macron au second tour.

En 2027, l’enjeu parait moins de barrer la route du second tour à l’extrême droite que d’être le candidat qui lui fera face. Or, dans les enquêtes d’opinion publiées en cette rentrée, les intentions de vote pour Fabien Roussel font défaut à Jean-Luc Mélenchon pour être le deuxième homme du premier tour. Dans un sondage Ipsos publié ce dimanche par Le Parisien, le communiste est crédité de 2,5 à 3,5 % des voix, tandis que l’insoumis est donné entre 15 et 17 %, soit moins qu’Édouard Philippe dans le scénario où l’ancien Premier ministre serait le seul candidat de son camp.