Santé

Ce qu’il faut savoir si vous décidez d’arrêter de prendre une pilule contraceptive

Antigone, Cerazette, Elfasette ou Optimizette… 1,6 million de femmes en France vont recevoir un courrier les prévenant que leur pilule à base de désogestrel augmente faiblement leur risque de développer un méningiome. Elles sont invitées, en cas de « maux de tête persistants, troubles visuels, faiblesse musculaire, troubles de l’équilibre ou du langage, perte de mémoire, ou épilepsie nouvelle ou aggravée », à consulter leur médecin.

Un coup de plus pour l’image de la pilule. Longtemps vue comme un symbole de liberté pour les femmes, qui portent majoritairement la charge contraceptive, elle est aujourd’hui délaissée : en 2005, 47 % des femmes de 15 à 49 ans la prenaient, contre 26 % en 2026. Pour éviter les effets secondaires, changer de contraception ou encore pour tomber enceinte, vous souhaitez arrêter ce contraceptif ? Voici ce qu’il faut savoir.

Un avis médical recommandé

Si vous êtes dans le cas des 1,6 million de femmes concernées par ce courrier, l’ANSM précise qu’il n’y « aura pas de mesure particulière » à prendre. L’institution vous invite à poursuivre votre contraception et à « ne pas l’arrêter de [votre] propre initiative », sans consultation d’un médecin. Une recommandation qui peut concerner toutes les personnes sous contraception orale, un arrêt brutal sans avis médical pouvant entraîner un risque de grossesse non désirée.

Par ailleurs, rappelle la Haute Autorité de Santé, la contraception doit être revue régulièrement en fonction du mode de vie, des choix ou des étapes traversées par chacune. Être suivie permet donc de recevoir les informations indispensables et des conseils adaptés qui assurent une efficacité maximale pour éviter les grossesses non désirées.

Quels effets à l’arrêt de la pilule ?

Selon Santé Magazine, « il est préférable d’arrêter votre contraception à la fin de votre plaquette si vous ne souhaitez pas que vos règles arrivent plus tôt que prévu. » Sans solution de remplacement, l’effet le plus évident est le retour à la fertilité. Celui-ci dépend de chaque femme, mais peut arriver de manière très rapide, souligne Marion Guiraud, gynécologue-obstétricienne. « Certaines femmes arrêtent leur pilule et l’ovaire se remet immédiatement en route : elles ont leurs règles, vont ovuler 14 jours plus tard pour avoir leurs prochaines règles 28 jours plus tard (dans un cycle considéré comme normal). Chez d’autres, la reprise de l’activité ovarienne est un peu plus longue », indique-t-elle dans le même article.

Dans des cas rares, les règles ne reviennent pas plus de 3 mois après l’arrêt. Consulter un médecin est alors nécessaire, car c’est peut-être que la pilule masquait les symptômes d’un trouble préexistant, comme le SMOP ou l’insuffisance ovarienne précoce.

Les effets du contraceptif ne concernent pas que la fertilité. La peau et l’acné sont influencées par les hormones, et l’arrêt peut avoir des conséquences, comme le souligne un article de Doctissimo. Si vous étiez sujette aux boutons ou aux sebum avant la prise d’une pilule de 3e ou 4e génération, ces problèmes de peau peuvent faire leur retour à l’arrêt. Ce moment peut aussi être celui de l’arrivée d’une peau plus sèche ou qui tiraille, car « les œstrogènes présents dans les pilules contraceptives ont un effet hydratant sur la peau », explique la gynécologue Odile Bagot. Dans la même interview, elle mentionne également que, le contraceptif régulant la production de sébum, son arrêt peut entraîner un retour aux cheveux gras chez certaines femmes.

Enfin, si de nombreuses études s’intéressent aux liens entre pilule et libido, les résultats ne sont pas aussi tranchés qu’on pourrait le croire : ils varient fortement en fonction des personnes et des dosages hormonaux.

Pour prévenir les grossesses non désirées sans passer par la pilule, diverses options existent avec chacunes leurs avantages, leurs inconvénients, et leur taux d’efficacité. DIU hormonal ou en cuivre ; patch ; anneau vaginal ; progestatifs injectables ; préservatifs féminins et masculins… La liste se trouve sur le site gouvernemental questionsexualite.fr