Politique

Aucun risque de pénurie d’essence, rassure le gouvernement, qui concède des difficultés chez Total

Flambée des prix, files d’attente en station, difficultés d’approvisionnement… Face aux inquiétudes des automobilistes, le gouvernement tente de se montrer rassurant. Invitée sur France 2 ce mardi 15 septembre, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a assuré qu’il n’existe « aucun risque de pénurie » d’essence. Et que « 90 % des stations n’ont aucune difficulté d’approvisionnement ».

Au moment où les prix du carburant atteignent des sommets inédits (2,30 euros le litre en moyenne pour le gazole), certaines stations-service sont en rupture de stock. Rien d’anormal, assure Maud Bregeon, qui concède « une difficulté particulière avec les stations du réseau TotalEnergies ». « Ils ont mis en place des plafonnements à la pompe, c’est une bonne chose pour les consommateurs. Il y a donc une augmentation des volumes vendus, mais derrière les moyens logistiques sont ceux d’hier. Ça prend un peu plus de temps », reconnaît-elle.

Celle qui, en plus d’assurer le porte-parolat du gouvernement, est également ministre de l’Énergie assure être « en discussion quotidienne » avec Total « pour s’assurer que tous les moyens sont en œuvre » pour gérer la crise. Maud Bregeon promet que « des dérogations » pourront être accordées au fournisseur, notamment « pour faciliter le transport du carburant le week-end ».

« Je veux rassurer les consommateurs », a-t-elle plusieurs fois exprimé, consciente du potentiel inflammable de la situation, et alors qu’un retour de la mobilisation des Gilets jaunes est évoqué pour le 17 octobre. En revanche, Maud Bregeon « refuse de prédire » le prix à venir du carburant, que certains estiment à 3 € le litre dans les prochaines semaines. « L’essence bientôt à 3 € le litre ! Qu’attend le gouvernement ? Qu’il passe à 4 euros ? », s’est par exemple indigné Jean-Luc Mélenchon dans un tweet.

Une prolongation des aides envisageable

Face à la colère de certains automobilistes, la porte-parole du gouvernement renvoie à la situation internationale. « Ce que nous vivons est directement dû à ce qui se passe au Moyen-Orient et au blocage du détroit d’Ormuz ». « La réponse structurelle » étant, selon elle, « un retour à la normale dans ce détroit ».

Une prolongation des aides, notamment à destination des gros rouleurs ou des plus modestes, est-elle envisageable ? « On s’adapte, répond la ministre. Tous les deux à trois mois, on prolonge ces dispositifs lorsque c’est nécessaire ». Reste que dans son baromètre annuel sur la pauvreté, le Secours populaire la hausse importante des prix du carburant conduit plus d’un Français sur quatre à renoncer à de la nourriture ou à des soins.