Politique

Ce que racontent les coulisses de la (presque) candidature de Natacha Polony

C’est toujours un dilemme pour la presse. Faut-il discuter d’une candidature putative avant son officialisation, au risque de contribuer à la musique de fond nourrissant un récit artificiel, ou attendre la concrétisation de ce projet ? À chaque campagne présidentielle, la question se pose. Et cette fois, elle concerne l’éditorialiste Natacha Polony.

« Je veux perturber le jeu politique », a-t-elle confié fin août au Parisien, en recyclant l’éternel « je n’exclus rien » au moment d’évoquer la présidentielle 2027. Depuis, la directrice de la revue L’Audace !, qui a sorti au mois de mai La France corps et âme (éd. Plon) aux allures de programme, s’applique à semer des petits cailloux.

Parmi eux, les « coulisses » de sa pré-campagne, relatées ce samedi 12 septembre par L’Express et Le Point. On y apprend que l’éditorialiste se prépare, commence à s’entourer, à récolter des fonds, à réfléchir aux parrainages… Natacha Polony se déplace également. Elle était récemment dans le Calvados, pour discuter de ses sujets favoris, comme l’école ou la réindustrialisation du pays.

Écosystème Montebourg

Mais plus parlant que cet exercice s’imposant aux candidats qui entendent débarquer sur les plateaux forts de leur expérience « au contact du terrain », l’équipe qui commence à se structurer autour de sa candidature confirme le positionnement de l’éditorialiste : dans l’espace, assez restreint, de la gauche souverainiste. Selon les deux hebdomadaires, c’est Antoine Casini, ancien socialiste proche d’Arnaud Montebourg, qui est chargé de piloter la candidature. L’ancien ministre du redressement productif, apôtre du « Made in France », est d’ailleurs cité parmi les conseillers de Natacha Polony.

Vincent Guibert, chef du micro-parti l’Engagement (créé à la base pour soutenir Arnaud Montebourg) fait également partie de cet écosystème post-chevénementiste. D’autres figures de ce courant devenu marginal à gauche, comme Thierry Cotelle (président du Mouvement républicain et citoyen), ou l’ex-insoumis (également passé par l’écurie Montebourg) François Cocq sont aussi évoquées comme gravitant autour du dispositif en cours de construction. Une équipe qui espère, aussi, attirer des personnalités de la droite républicaine et sociale en rupture de ban avec Les Républicains, comme Jean-Louis Borloo ou Dominique de Villepin.

Suffisant pour bâtir une candidature solide ? À voir. Car il ne suffit de pas d’avoir des idées identifiées, un entourage structuré ou une forme de notoriété pour se lancer à la conquête de l’Élysée. D’autant que rien ne dit, à date, que Borloo, Villepin ou encore Ruffin se montrent sensibles à l’entreprise de l’éditorialiste. En outre, le précédent Éric Zemmour, qui s’est échoué à 7 % en 2022 malgré un départ canon, bénéficiait avec CNews et Europe 1 d’un écosystème médiatique particulièrement favorable à ses idées, alors que le souverainisme de gauche, façon Marianne, n’a pour l’heure que peu de débouchés en termes d’espace politique. Le crash de la « remontada » d’Arnaud Montebourg lors de la dernière présidentielle en témoigne.