Un cas de diphtérie identifié dans le Nord, ses cas contacts toujours recherchés
C’est une maladie qu’on ne rencontre plus que rarement sur le sol français. Un cas de diphtérie a été identifié vendredi 11 septembre chez un patient hospitalisé à Dunkerque (Nord), a annoncé l’Agence régionale de santé des Hauts-de-France. L’homme, qui a été pris en charge et était toujours hospitalisé à l’hôpital de Dunkerque ce lundi, a été transféré au CHU de Lille, où il bénéficie d’un « traitement adapté ».
Dans son communiqué, l’ARS des Hauts-de-France indique également avoir « mis en place les actions nécessaires afin d’interrompre toute transmission de la maladie au sein des personnes ayant pris en charge ce patient », en particulier les soignants et les sapeurs-pompiers, qui vont recevoir un traitement antibiotique préventif.
L’agence sanitaire précise également poursuivre ses investigations « afin d’identifier et de prendre en charge l’ensemble des personnes ayant pu avoir un contact à risque avec le patient ». Ce dernier a notamment séjourné dans des campements de personnes récemment arrivées sur le territoire français, situés sur le littoral. « L’ARS travaille donc avec les associations afin d’identifier les mesures de prévention nécessaires ».
Si l’ARS recherche les cas contacts, c’est que la diphtérie est une maladie bactérienne contagieuse, qui se transmet principalement lors de contacts rapprochés avec la personne infectée, notamment par l’inhalation de gouttelettes respiratoires, par contact avec des plaies cutanées et, plus rarement par des contacts avec des objets contaminés.
La vaccination, seul rempart contre la diphtérie
Causée par la bactérie Corynebacterium diphtheriae, la diphtérie se manifeste après une période d’incubation de 2 à 5 jours. Les premiers symptômes sont un mal de gorge similaire à celui d’une angine, de la fièvre et des maux de tête, ainsi qu’un gonflement du cou.
Comme l’explique l’Institut Pasteur, des dépôts se forment dans le fond de la gorge, qui peuvent s’étendre et entraîner la mort par asphyxie. La bactérie peut aussi produire une toxine qui, lorsqu’elle se diffuse dans le sang, peut causer une atteinte du cœur et du système nerveux, et occasionner des paralysies.
Responsable de plusieurs milliers de décès d’enfants chaque année jusque dans les années 1930, la diphtérie a progressivement disparu grâce à la vaccination systématique depuis 1945. Aujourd’hui, la diphtérie fait l’objet d’une campagne de vaccination obligatoire chez le nourrisson, avec des rappels réguliers à 6 ans, entre 11 et 13 ans, tous les vingt ans à partir de 25 ans et tous les dix ans pour les 65 ans et plus.
« La vaccination constitue le moyen le plus efficace de se protéger contre les formes de la maladie liées à la toxine diphtérique. Les personnes vaccinées et à jour de leur vaccination sont protégées contre les effets de la maladie », rappelle l’ARS. Ce qui n’empêche pas la maladie de persister dans certaines régions du monde. Le site Vaccination Info Service rappelle que depuis 2022, le nombre de cas de diphtérie est en augmentation en France métropolitaine ainsi qu’à Mayotte et à la Réunion.



