Le gouvernement se veut rassurant sur les stocks de carburants… mais il y a une limite
On a connu mise au point plus rassurante. Si la France « n’a pas d’enjeu d’approvisionnement » en carburants « à ce stade », elle doit « s’assurer » de « trouver des solutions » en cas de prolongation du conflit au Moyen-Orient, a indiqué ce lundi 20 septembre le ministre de l’Économie, Roland Lescure, sur France Inter.
« Globalement on a des stocks stratégiques qui sont à plein en France, donc on n’a pas d’enjeu d’approvisionnement à ce stade », a assuré Roland Lescure. « Pour les deux mois qui viennent, on n’a pas d’inquiétude », a-t-il ajouté.
Mais ces stocks ont leur limite, comme l’a laissé entendre le ministre de l’Économie. « On a de la visibilité très claire sur les six à huit semaines qui viennent. Et ensuite, évidemment, ça dépend de l’évolution du conflit », a-t-il ajouté. « C’est pour ça que le président de la République a souhaité qu’on ait une réunion autour du Premier ministre aujourd’hui là-dessus, pour s’assurer que, s’il y a un défi d’approvisionnement, on trouve les solutions ».
Au niveau mondial, « on est en train de puiser dans les stocks. C’est-à-dire que si ça continue, on risque d’avoir un problème d’approvisionnement », a-t-il encore dit en évoquant le conflit au Moyen-Orient et en allusion au blocage du détroit d’Ormuz.
17 % des stations manquent d’au moins un carburant
Concernant l’approvisionnement en France des stations-service en carburants, le ministre de l’Économie a indiqué que lundi matin, 16 % des stations manquaient au moins d’un carburant, soit le même chiffre que pendant le week-end.
« C’est un chiffre similaire » et « les stations qui manquent au moins d’un carburant, à 91 %, ce sont des stations Total, c’est-à-dire que c’est la conséquence directe du plafonnement du prix » pratiqué par TotalEnergies, a-t-il dit.
Le géant pétrolier a mis en place depuis mars un système de plafonnement des prix à la pompe, de manière discontinue. Actuellement, les prix dans les stations TotalEnergies sont plafonnés à 1,99 euro le litre d’essence et 2,25 euros le litre de gazole, alors qu’en moyenne le prix du gazole a atteint dimanche 2,41 euros en France.
Pas de « baisse généralisée des taxes » sur le carburant
Sébastien Lecornu tiendra lundi deux réunions à Matignon avec des ministres : l’une le matin avec les directeurs d’administrations centrales sur les approvisionnements en pétrole et en gaz, et l’autre l’après-midi dédiée à « l’accompagnement à court et moyen terme » des Français face à l’envolée des prix à la pompe.
Concernant les aides pour les secteurs en difficulté, Roland Lescure a indiqué que les pêcheurs auraient au 1er octobre « un prêt à taux zéro » et qu’ils pouvaient « d’ores et déjà se rapprocher » de la Banque publique d’investissement (BPI) pour avoir ce prêt.
Pour l’aide aux « grands rouleurs », la possible extension des aides au-delà du 30 septembre se décidera « dans la journée », a-t-il dit. « Ce que je vais plaider, c’est que déjà celles et ceux qui ont eu l’aide puissent avoir, si on la prolonge, une aide supplémentaire automatiquement », a-t-il dit.
L’extension de l’aide aux grands rouleurs « fait partie des pistes », a confirmé Maud Bregeon. « Toutes les pistes sur la table, à condition que ça reste des aides ciblées et que ce soit respectueux du cadre budgétaire ». Le ministre de l’Économie a ainsi exclu « une baisse généralisée des taxes », notamment réclamée par le Rassemblement national.
Dans ce contexte de grogne sociale et de tensions géopolitiques, Emmanuel Macron sera quant à lui interviewé ce jeudi à 20h par TF1 et France 2.



