« Quand ça va mal, ça se voit » : Bardella reconnait avoir été déçu après la candidature de Le Pen
Le 7 juillet dernier, Jordan Barella a vu s’éteindre la perspective qui semblait, depuis plusieurs mois, se dessiner devant lui : porter les couleurs du Rassemblement national à l’élection présidentielle de 2027. La décision de la cour d’appel de Paris, en réduisant la peine d’inéligibilité de Marine Le Pen, a finalement permis à cette dernière de se porter candidate. Quelques heures plus tard, elle annonçait sa candidature sur TF1.
Le lendemain, à La Flèche, dans la Sarthe, Jordan Bardella affichait un visage très fermé aux côtés de Marine Le Pen, qui elle était tout sourire pour son premier déplacement de campagne. Les images de cette journée avaient montré un président du RN bien moins démonstratif que d’habitude.
Dans un entretien accordé à L’Opinion, paru ce dimanche 27 septembre, Jordan Bardella revient sur cette séquence et reconnaît avoir été déçu. « On m’a dit d’aller à la Flèche, j’y suis allé », se rappelle-t-il, ne niant pas avoir montré grise mine sur place. « Je n’allais tout de même pas faire la roue ! Je ne suis pas un robot, je n’arrive pas à jouer un rôle. Quand ça va mal, ça se voit. Quand ça va bien, aussi. »
A-t-il reçu « un coup sur la tête » ? « Oui », répond-il. À La Flèche, Jordan Bardella avait pourtant déclaré : « je me réjouis que Marine puisse porter nos couleurs », promettant de « continuer à travailler main dans la main comme nous l’avons toujours fait ». Mais son attitude laissait transparaître une certaine déception.
Un sentiment dont a pu être témoin sa compagne, Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles, qui explique s’être rendue à Paris spécialement le 7 juillet. « C’était important d’être là », a-t-elle confié au Figaro, dans un entretien également publié ce dimanche.
Prudence pour la suite de la campagne
Au lendemain de cette journée, le président du RN aurait rapidement cherché à se remettre en ordre de marche. « Dès le lendemain, Jordan s’est dit : “Ok, il faut continuer, il faut redresser la France” en tant que peut-être prochain Premier ministre », raconte ainsi Maria Carolina de Bourbon. À ce sujet, Jordan Bardella avance cependant à tâtons. « Je ne dis pas que c’est fait », répond-il à l’Opinion lorsqu’il est interrogé sur la perspective de Matignon.
Une prudence qui intervient alors que des désaccords et signes de tensions avec Marine Le Pen sont apparus ces dernières semaines. Tous deux ont notamment affiché des divergences sur le port du voile dans l’espace public, tandis que le retour de Marion Maréchal dans le dispositif de campagne de sa tante a aussi suscité des crispations. Bardella aurait ainsi lancé « C’est elle ou moi », selon Libération, une formule qu’il a depuis démentie.
Maria Carolina de Bourdon des Deux-Siciles, elle, s’est appliquée à dementir les tensions qui existerait au sein du couple politique : « Les gens qui achètent la presse savent bien que ces scoops sont simplement un moyen de vendre de l’encre, que tout est souvent exagéré. Ils connaissent la loyauté de Jordan vis-à-vis de madame Le Pen. Ils savent que, pour lui, la chose la plus importante, c’est la France. »
Dans ce contexte, le président du RN préfère pour le moment se donner l’image d’un responsable politique qui garde la tête froide. Si les sondages placent pour le moment Marine Le Pen en tête du premier tour, avec jusqu’à 30 % des intentions de vote, Jordan Bardella assure recommander en interne de « faire comme si les sondages nous donnaient 15 % au premier tour ».



