Culture

Éric-Emmanuel Schmitt détaille la décision de retirer « C’était ça ou mourir » de la liste du Goncourt

C’était ça ou mourir, roman de Thélyson Orélien, soupçonné d’avoir été écrit par une intelligence artificielle (IA), continue d’être au cœur des discussions. C’était le cas ce samedi 26 septembre sur le plateau de Quelle Époque !, sur France 2, où la journaliste Léa Salamé recevait, entre autres, Éric-Emmanuel Schmitt.

Le romancier et membre de l’Académie Goncourt a dit quelques mots sur les raisons qui ont poussé au retrait du livre de la liste des sélectionnés pour le prix Goncourt.

La décision a donc été prise après de longues discussions, « dans la nuit de mercredi », explique le dramaturge (à partir de 2’20 dans la vidéo ci-dessous). « On n’était pas tous d’accord. Mais ce sont les plagiats avérés qui nous ont fait perdre confiance dans cette position. Et puis nous avons une responsabilité », a-t-il détaillé, précisant que le texte allait être sélectionné pour faire partie des 15 livres proposés pour le Goncourt des lycéens.

« Je prévois toujours ce que les lycéens vont choisir dans la liste, je me trompe très rarement. Il y avait beaucoup de chances que ce soit le choix des lycéens », a confié Éric-Emmanuel Schmitt. « C’était ça ou mourir n’aurait donc, quoi qu’il en soit, pas eu le Goncourt ? » l’a relancé Léa Salamé.

« Non parce que c’est un premier roman. Moi je suis contre un Goncourt au premier roman parce que c’est le baiser de Juda, ça tue l’auteur. Donc ça ne serait pas allé jusqu’au bout de toute façon », a-t-il reconnu.

« On ne voulait pas que les lycéens choisissent ce livre-là et qu’on découvre, après enquête, que véritablement, il y a eu une fabrication douteuse. On n’a pas voulu prendre ce risque, mais c’est vraiment la mort dans l’âme », a-t-il ajouté, défendant la qualité du livre qui « est très bien ».

Des doutes dès cet été ?

Sur le plateau, Hugo Clément l’a interrogé sur les doutes émis par certains de ses cojurés, dont Pierre Assouline, quant à l’utilisation de l’IA par Thélyson Orélien dès cet été. « Oui, c’est vrai. Christine Angot aussi avait fait quelque chose. Moi, pas. On en avait parlé. Ils ne disaient pas que c’était de l’intelligence artificielle, mais que c’était artificiel. »

Les accusations contre l’auteur canadien de 38 ans ont débuté lundi 21 septembre, par un message publié sur le compte X « Balance ton Claude ». Sous couvert d’anonymat, la ou les personnes affirmaient avoir passé le roman dans le logiciel Pangram, qui avait estimé qu’il avait été « presque intégralement » écrit par une IA.

L’essayiste Samuel Fitoussi a avoué, vendredi 25 septembre, faire partie du « projet collectif » derrière « Balance ton Claude ». De son côté, Thélyson Orélien nie les accusations et dénonce la vague de propos racistes reçus depuis le début de cette affaire.