Gabin, 2 ans et demi, attend une greffe de moelle osseuse pour guérir d’une leucémie
Gabin a deux ans et demi et a passé près de la moitié de sa vie à l’hôpital. Sa vie et celle de ses parents ont basculé en juillet 2025. Il n’était âgé que de 18 mois. Cet été-là, alors qu’il s’apprête à partir en vacances, le petit garçon développe de la fièvre, a les joues rouges.
Auprès de France 3, ses parents racontent avoir d’abord pensé à une poussée dentaire, avant de l’emmener aux urgences par précaution. Sur place, après un bilan sanguin, on lui diagnostique une mononucléose.
Des analyses plus poussées finiront par révéler que Gabin souffre en réalité d’une leucémie aiguë lymphoblastique de type B, un cancer du sang et de la moelle osseuse qui touche surtout les enfants âgés de 2 à 5 ans.
Une heure après le diagnostic, « on est catapulté en oncologie hématologie, le lendemain il passe au bloc opératoire pour lui poser une voie centrale pour commencer la chimio 48 heures après », rapporte Eddy, le papa de Gabin.
Un retour à la vie normale, puis la rechute
Après le diagnostic de sa leucémie, Gabin a été hospitalisé à La Timone, à Marseille, avant de suivre, d’avril jusqu’à septembre, une chimio par mois à l’hôpital, et une autre par sirop.
Parce que le petit garçon a bien répondu à ces traitements, puis a été déclaré en rémission, ses parents l’ont alors cru tiré d’affaire. « Il y a de bonnes chances de guérison, on nous a demandé de reprendre une vie normale », se rappelle son père. En juillet 2026, Gabin reprend le chemin de la crèche, puis part quelques semaines plus tard en vacances en famille « comme si tout allait bien ».
Mais début septembre, une nouvelle prise de sang montre que le taux de plaquettes de Gabin est très bas : la leucémie est de retour. « Tout le monde est estomaqué, personne ne s’y attendait. C’est encore plus violent que l’annonce initiale », lâche Eddy.
Alors que le monde des parents de Gabin s’effondre à nouveau, ils apprennent que la leucémie, résistante aux chimiothérapies, ne peut être guérie que par une greffe de moelle osseuse, prévue en décembre.
Un appel aux dons de moelle osseuse
Jusqu’à présent, aucun donneur compatible avec Gabin n’a été trouvé. Or, le temps presse car le système immunitaire du petit garçon est très faible. Il y a quelques jours, et malgré l’environnement stérile dans lequel il vit à présent, Gabin a développé un choc septique en raison d’une bactérie. Ses parents se battent donc pour trouver le plus rapidement possible un donneur compatible avec Gabin, seul moyen aujourd’hui de le guérir.
L’histoire de Gabin n’est pas sans rappeler celle d’Elio, aujourd’hui âgé de cinq ans et qui, grâce à la formidable mobilisation de ses parents et des internautes, a pu bénéficier cet été d’une greffe de moelle osseuse. Leur appel à la solidarité était même parvenu jusqu’au sommet de l’État, puisqu’Emmanuel Macron avait lui aussi encouragé à s’inscrire sur le registre des donneurs de moelle osseuse.
Aujourd’hui, c’est au tour de Fanny et Eddy, les parents de Gabin, de lancer un appel aux dons de moelle osseuse. « On a une chance sur un million de trouver un donneur compatible à 100 % », précise Eddy, qui précise auprès de France 3 être entré en contact avec Thomas, le papa d’Elio, pour le remercier pour son engagement, qui a permis à l’Agence de biomédecine d’enregistrer 51 000 nouvelles inscriptions sur le registre des donneurs de moelle osseuse depuis le début de l’année.
Dans la plupart des cas, une simple prise de sang
Une mobilisation conséquente, mais encore insuffisante au regard de tous les malades en attente d’une greffe, estime Eddy, qui souhaite sensibiliser encore davantage le public. « De nombreuses personnes confondent encore don de moelle osseuse et don de moelle épinière ! Mais c’est une prise de sang, pas un don d’organe. C’est gratuit, ça ne fait pas mal et ça sauve des vies. »
« Donner sa moelle osseuse permet d’offrir une chance inestimable de guérison à un malade, sans rien perdre soi-même, abonde auprès de La Provence le Dr Catherine Faucher, médecin hématologue et directrice du prélèvement et de la greffe de cellules souches hématopoïétiques à l’Agence de la biomédecine. Il faut développer le registre avec les meilleurs donneurs : les jeunes dont les greffons sont riches. Les hommes sont très recherchés car les femmes fabriquent après une grossesse des anticorps qui peuvent compliquer la réaction immunitaire post-greffe. »
Si vous avez entre 18 et 35 ans inclus, que vous êtes en bonne santé et que vous souhaitez devenir donneur, vous pouvez vous préinscrire sur le registre en vous rendant sur le site dondemoelleosseuse.fr. Il suffit de renseigner quelques informations (âge, sexe, adresse…) et de remplir un questionnaire de santé.
À la fin de l’inscription, deux options sont possibles. D’abord faire, sur rendez-vous, un prélèvement sanguin et un entretien médical dans un des sites de l’Établissement français du sang (EFS). Mais dans 70 % des cas, un simple prélèvement salivaire est nécessaire pour établir une « carte d’identité biologique ». Ce kit est adressé à domicile par voie postale.
Selon l’Agence de biomédecine, 2 300 personnes attendent chaque année en France un don de moelle osseuse de la part d’un donneur compatible. « C’est pour nous, mais aussi pour tous les autres enfants du service. C’est un combat pour tout le monde », conclut Eddy, le papa de Gabin.



