Politique

Avant le 24 octobre, Macron accélère et va recevoir les lycéens pour la première fois

À la veille d’une nouvelle journée de mobilisation contre la vie chère, Emmanuel Macron tente de renouer le dialogue avec les lycéens. Ce vendredi 23 octobre à 15h, le Président de la République va recevoir les organisations lycéennes à l’Élysée pour la toute première fois en un mois de crise. Il grille ainsi la priorité à son Premier ministre, Sébastien Lecornu, qui doit les recevoir lundi prochain.

« Nous lui présenterons nos revendications qui sont toujours les mêmes », a expliqué à nos confrères de l’AFP Nathanaël Combary, président du Renouveau lycéen et militant au sein du parti présidentiel Renaissance. Parmi les demandes figurent notamment la refonte de Parcoursup et l’amélioration des bâtiments scolaires.

Tous les représentants lycéens ne se montrent cependant pas aussi confiants. Pierre Sourzat, à la tête de l’organisation Les Lycéens, se montre sceptique et doute déjà des résultats de cet échange avec le chef de l’État. « Il va nous écouter, il va faire semblant de nous avoir compris et puis après il n’y aura pas de suite », a-t-il déclaré. Selon lui, « l’intérêt de tout ça à la fin, c’est de pouvoir insuffler une dynamique lors des prochaines présidentielles et que l’éducation soit remise au centre des débats ».

Les différentes organisations lycéennes organiseront un point presse à proximité du palais de l’Élysée à l’issue de cette réunion, ont-elles indiqué.

La plateforme de doléances ouverte jusqu’à ce vendredi soir

Le Premier ministre Sébastien Lecornu doit, lui, les réunir lundi aux côtés des organisations enseignantes, syndicales, patronales mais aussi des collectivités territoriales et des parlementaires « pour que le dialogue et le travail se poursuivent ».

Un rendez-vous que des organisations étudiantes, comme la Fage, l’Union étudiante et l’Unef, et lycéennes, comme l’Union syndicale lycéenne, réclament depuis le 7 octobre. Elles souhaitent faire valoir auprès du Premier ministre leurs 10 mesures communes, évaluées à 10 milliards d’euros, dont une réforme des bourses et la création de 250 000 places à l’université.

Les lycéens peuvent par ailleurs écrire jusqu’à ce vendredi soir minuit sur la plateforme gouvernementale, lancée en plein mouvement de contestation pour recueillir leurs doléances et leurs propositions, que le gouvernement a promis de prendre en compte pour amender le prochain budget de l’éducation.

Plus tôt dans la matinée ce vendredi, Emmanuel Macron doit aussi présider un conseil de défense à l’issue duquel sont attendues des « décisions supplémentaires » en matière de sécurité. Le gouvernement a d’ailleurs annoncé renforcer de 20 % les effectifs des forces de l’ordre par rapport au 17 octobre dernier.

Samedi, un « acte II » de la mobilisation est attendu un peu partout en France, mais seules les manifestations organisées par les syndicats seront autorisées, a prévenu le Président de la République. Les villes de Lyon et Marseille ont notamment interdit les rassemblements prévus, et plusieurs villes ont instauré des couvre-feux.