Politique

« Je vous en conjure, ouvrez les yeux » : À Trappes, le message d’Ali Rabeh aux sympathisants du RN

« Je vous en conjure : ouvrez les yeux. » Au rassemblement contre le racisme à Trappes, ce vendredi 30 octobre, le maire Ali Rabeh a appelé les Français tentés par le vote d’extrême-droite à prendre conscience du « danger » du Rassemblement national, pointant la responsabilité du parti dans l’attentat raciste qui a fait un mort et sept blessés dans la ville il y a une semaine.

« Je veux m’adresser aussi à tous les Français qui sont tentés par le vote de la candidate du Rassemblement national. Je veux m’adresser à vous. Je sais que vous êtes nombreux à ne pas rien partager de ses idées racistes, antisémites et islamophobes », a déclaré l’élu. Et de souhaiter : « Je vous en conjure : ouvrez les yeux et faites le choix de la République ».

« Nous partageons à Trappes les mêmes souffrances, les mêmes chagrins que vous (…). Mais si vous choisissez Marine Le Pen pour porter votre colère, alors vous choisissez de nous mettre en danger, nous pleinement français comme vous », a alerté Ali Rabeh, devant plusieurs milliers de personnes réunies contre le racisme et en hommage aux victimes.

Quelques minutes auparavant, le maire de Trappes avait appelé à une large prise de conscience dans la société. « L’assassin n’a pas choisi ses victimes au hasard. Ouvrons les yeux. Sa haine ne vient pas de nulle part. Elle a été inoculée dans son esprit par la répétition incessante des mots qui ont fait de ces minorités des cibles à abattre », a commencé l’élu.

« Qui osera prétendre que ce parti a fait sa mue ? »

« Le Rassemblement national a assuré la transmission de la haine à travers les décennies », a encore affirmé Ali Rabeh. Et d’interroger : « Qui osera prétendre encore que ce parti a fait sa mue et a abandonné son projet raciste ? »

« Quand Jordan Bardella décrit Trappes comme ‘une République islamique en miniature’ (…), que fait-il d’autre que de presser ses troupes à passer à l’acte ? », a dénoncé Ali Rabeh. « Mesurez le danger de la propagande de Bardella, Le Pen et leurs relais, quand le terroriste affirme que Trappes est un repaire d’islamistes », a-t-il poursuivi, en référence aux déclarations du suspect en garde à vue.

« Hier, le clan Le Pen ciblait explicitement les juifs, aujourd’hui, ils pointent les musulmans, les immigrés et leurs descendants. Mais ne vous y trompez pas : aucune minorité ne sera épargnée », a assuré le maire de Trappes. A chaque évocation de leurs noms, Jordan Bardella et Marine Le Pen ont été hués par la foule.

« Que personne ne se croit à l’abri, que les consciences s’éveillent et que le drame vécu par nos populations nous sortent de la torpeur et de l’inaction », a souhaité Ali Rabeh. Et de marteler : « Ouvrez les yeux, ouvrez les yeux ».

L’absence de la droite dénoncée

Tous les partis de gauche étaient présents, ce vendredi 30 octobre, au rassemblement, ainsi que les principaux candidats de gauche à l’élection présidentielle, dont le social-démocrate Raphaël Glucksmann, l’Insoumis Jean-Luc Mélenchon, et l’écologiste Marine Tondelier.

L’absence de personnalités de droite a été immédiatement pointée du doigt par ce camp dans la soirée. « Où était la droite ? Ce n’était pas un rassemblement de gauche ce soir, tout le monde avait été invité », s’est indignée sur place Marine Tondelier. « Tous les partis politiques de gauche étaient là ensemble », même si « c’était compliqué », a-t-elle souligné.

Ali Rabeh a, lui, appelé « tous les responsables politiques » à agir. « Je veux vous dire qu’il n’est pas trop tard. Il est encore temps de se reprendre, d’en revenir aux grands principes républicains », a mis en avant le maire de Trappes.