Après un an de restauration, ce tableau monumental de Courbet a retrouvé son allure d’antan
On pose les pinceaux. Depuis ce lundi 7 septembre, le musée d’Orsay invite à redécouvrir l’un des plus célèbres tableaux du peintre Gustave Courbet, Un enterrement à Ornans, au terme d’une restauration complète réalisée en public durant plus d’un an.
Cette toile monumentale – de près de sept mètres de long sur plus de trois de haut – « est une œuvre emblématique du XIXe siècle et de nos collections, que nous redécouvrons », a souligné Annick Lemoine, présidente du musée parisien, en le présentant, ce même lundi à la presse.
Durant 15 mois, entre mai 2025 et août 2026, Un enterrement à Ornans a bénéficié d’une restauration complète, la plus importante depuis que ce tableau peint en 1850 est entré dans les collections nationales en 1881.
Cette opération, dont le coût n’a pas été précisé, « a permis de restituer à l’œuvre une apparence aussi proche que possible de son état d’origine », en particulier en retirant des couches de vernis qui l’assombrissaient, ont expliqué les restaurateurs.
Faire découvrir « les enjeux liés à la restauration »
Durant le chantier, les visiteurs ont été invités à suivre ce travail derrière des baies vitrées installées dans une salle d’exposition, le musée d’Orsay ayant la volonté de « faire découvrir les enjeux liés à la restauration et à la conservation des œuvres », selon Annick Lemoine.
Un enterrement à Ornans est l’un des tableaux les plus célèbres de Gustave Courbet (1819-1877) avec L’origine du monde, L’atelier du peintre et Le désespéré. Il représente le rassemblement de villageois d’Ornans, la commune du Jura où l’artiste est né, à l’occasion des obsèques d’une personne dont l’identité n’est pas connue.
Gustave Courbet, qui n’a alors que 30 ans, transgresse les codes de la peinture française du XIXe siècle qui réservait les œuvres monumentales à des scènes mythologiques, bibliques ou historiques. Courbet en fera son manifeste esthétique, celui du réalisme, en refusant d’idéaliser les personnages, qualifiés « d’ignobles » par certains critiques de l’époque.


