Culture

Avec cette chanson, Marguerite répond aux moqueries sur cet aspect de son physique

« Est-ce qu’on pourra un jour me laisser tranquille avec mon mono ? » Cette complainte, certains l’ont déjà entendue. Elle vient de Marguerite. La chanteuse découverte dans la Star Academy la rappelle, ce vendredi 2 octobre, avec son premier album, duquel est tiré Frida, titre dans lequel elle exhorte qu’on la lâche avec ses sourcils.

Non sans clin d’œil aux équipes du télécrochet qui l’ont poussée à épiler son mono sourcil pendant l’aventure. « Beaucoup de cons m’ont dit : “Tu devrais l’enlever. Ça ne fait pas joli, t’es toute gâchée”, chante la jeune femme dans ce morceau pop plein d’autodérision. Avant d’ajouter : J’compte plus les fois où j’ai voulu le cacher. »

« Je suis passée à la télé. Depuis ils ne cessent de s’empiler, les messages qui blessent, déplore-t-elle, toujours en musique. Mon visage les gêne. Y a trop de cheveux sur ma peau J’avoue je me suis bien poilée, devant leurs mots mal aiguisés. J’adore mes sourcils et eux s’aiment aussi. C’est ma gueule, mon cri, mon mono. »

Les fans de la chanteuse, dont le premier single Les filles, les meufs est devenu un hymne féministe pour beaucoup, connaissent peut-être déjà cette chanson, dont le nom est une référence à l’illustre peintre mexicaine Frida Kahlo. Marguerite l’a déjà chantée en concert, mais ne l’avait encore jamais sortie, et ne s’était pas exprimée dessus.

Quelque chose de « tellement absurde »

À l’AFP, elle dit aujourd’hui : « Il y avait quelque chose de tellement absurde avec la situation de faire un sujet de société d’une partie de mon corps. Du coup ça ne peut que me faire rire. C’est une arme, une manière de mettre une distance et de répondre, avec de la lumière, à des gens qui essayent de me ternir ou de s’approprier la personne que j’ai envie d’être. »

Très influencée par Lily Allen, dont on retrouve certaines sonorités et un sens de la malice dans cette chanson, Marguerite trouve en l’Anglaise « une espèce de distance humoristique complètement cinglante, très british, mais trop puissante » qui lui tient à cœur. « Et puis je demeure persuadée que la musique doit rester un espace festif », promet-elle.

C’est ce dont elle a voulu témoigner sur Guérir, son premier album sur lequel Frida arrive en deuxième dans la liste. Disponible depuis ce vendredi, le disque, dont elle a fait résonner certains autres titres, comme Bellevie et La Boss, dans les festivals cet été, est pour elle une exploration de l’intime pour panser son âme dans la joie.

« C’est toute la magie de la pop : grâce à des mélodies entraînantes, on peut commencer à parler de certaines choses qui sont beaucoup plus sérieuses que ça en a l’air, continue la jeune femme de 25 ans. C’est un moyen hyperpuissant de faire passer des messages. » Vive les poils. Fini la pince à épiler, donc.