« Du sexisme consternant » : Royal très remontée contre ces propos de Glucksmann tenus en privé
Il est de plus en plus difficile d’imaginer Ségolène Royal et Raphaël Glucksmann sur une même estrade, faire campagne ensemble pour l’élection présidentielle. Les deux candidats à la primaire du Parti socialiste et de Place publique, dont le premier tour est prévu les 9 et 10 octobre, ne cessent de se quereller et de s’opposer, tant sur le fond que sur la forme.
Une vidéo captée dans un cadre privé lors d’une réunion militante organisée quelque temps après l’université de rentrée du Medef a été diffusée vendredi 2 octobre ; elle a jeté de l’huile sur le feu à quelques heures de l’ultime débat entre les cinq candidats, ce dimanche sur BFMTV. On y voit Raphaël Glucksmann déclarer, assis à côté de Boris Vallaud, que Ségolène Royal a fait « la danse du ventre à Macron » ces dernières années. Se vantant, lui, d’avoir « un mandat électif » et de siéger « depuis sept ans et demi au Parlement européen ».
Des propos qui n’ont pas plu à la principale intéressée, qui a aussitôt répliqué sur son compte X. L’ancienne ministre de l’Environnement estime qu’au-delà du « sexisme consternant de cette remarque immature, c’est une contre-vérité ». « La vérité est inverse, explique-t-elle. Ayant dénoncé la violence de la répression contre les Gilets jaunes et refusé de me taire comme me demanda Emmanuel Macron, j’ai été révoquée en Conseil des ministres de la mission (bénévole) d’ambassadrice des pôles Arctique et Antarctique ».
Son directeur de campagne, le maire d’Alfortville Luc Carvounas, a lui aussi répondu au patron de Place publique, le renvoyant quelques années en arrière. « Et vous en 2007 quand vous souteniez Sarkozy c’est quoi ? », attaque-t-il, déplorant aussi que Boris Vallaud, président du groupe PS à l’Assemblée, assis juste à côté, « ne réagisse pas ». « Tout cela est sexiste et pathétique. Je vous demande des excuses officielles », ajoute-t-il.
« On leur pisse dessus »
D’autant qu’au cours des dix dernières années, Ségolène Royal a très régulièrement critiqué Emmanuel Macron, dénonçant en 2019 « l’orgueil et l’obstination du pouvoir » ou jugeant plus tard qu’il avait contribué à « l’effondrement du système social et à l’abandon de l’hôpital public ».
Outre Ségolène Royal, Raphaël Glucksmann s’en prend surtout violemment à Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon dans cette vidéo de quelques secondes révélée par Le Média. Reprochant aux deux candidats d’avoir mis le port du voile ou de l’abaya dans le débat public, il charge : « On va pas rentrer dedans, on leur pisse dessus ». Une sortie vue par certains comme peu en phase avec la volonté affichée du candidat d’être mesuré. « On voit comment il adopte “la méthode de la nuance” qu’il recommande et le “refus de la brutalisation du débat” qu’il proclame », ironise le candidat de La France insoumise. Raphaël Glucksmann, lui, ne s’est pas exprimé.


