IA ou pas IA ? Cette pub du réalisateur des « Triplettes de Belleville » pour Dior divise
Rihanna en haut du sapin, Louis Garrel dans le rôle-titre et Robert Pattinson en voix off… Depuis la mise en ligne, ce mercredi 4 novembre, de sa nouvelle publicité – un court-métrage signé du maître de l’animation française Sylvain Chomet -, tout devait sourire à Dior, mais le sort en a décidé autrement pour la grande maison de mode.
« C’est vraiment choquant et triste. On ne peut même plus faire confiance à notre propre animateur », déplore un internaute sur un forum Reddit. « Bien sûr, cela ne “cancel” pas la qualité des films précédents, ajoute un autre, visiblement déçu. Moi qui pensais qu’il était un grand réalisateur, on dirait que j’avais tort. »
La raison du drame ? Des soupçons d’intelligence artificielle. « C’est principalement, sinon entièrement, des in-betweens (des transitions, ndlr) générés par IA du début à la fin et pas seulement un “upscaling” (la mise à l’échelle d’une vidéo, ndlr) par IA. Ils ont utilisé l’IA pour animer tout, assure un connaisseur. […] À mon avis, ils ont alimenté des poses clés pour la plupart des scènes et ont laissé l’IA animer presque tout. »
Josh O’Connor, Camille Cottin…
Captures d’écran à l’appui, lui et pléthore d’autres utilisateurs mettent, ici, en lumière une série de défauts à l’écran, notamment dans la représentation des mains et des doigts, un aspect que les logiciels ont encore du mal à bien dessiner malgré leurs avancées.
Ailleurs, comme sur Instagram, la colère est similaire. « Vous arrivez à convaincre des célébrités de prêter leur voix, mais vous n’avez pas les moyens de financer une animation complète ? » fustige un abonné. Outre les noms cités plus haut, Josh O’Connor, Camille Cottin, Nadia Tereszkiewicz et d’autres égéries de la marque sont au doublage.
Le film, d’une durée de 7 minutes, met en scène le feu créateur de l’illustre maison de mode, Christian Dior, réveillé en pleine nuit : Marlene Dietrich est furieuse, lui dit sa chaise. En plein tournage du Grand Alibi d’Hitchcock, la star refuse de jouer la comédie si on ne lui trouve pas une nouvelle robe Dior de couleur en guise de costume.
Et il la faut pour demain, à Los Angeles. Mais enfin, ce sont les vacances de Noël, et nous sommes à Paris, s’inquiète le pauvre couturier. Pas le choix, il faut s’y mettre, lui disent ses copines, trois abeilles. Celles-ci lui glissent quelques conseils, mais c’est de sa bonne étoile (Rihanna, elle-même) que l’éclair de génie va venir.
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« No Dior, no Dietrich »
Clin d’œil à la formule « No Dior, no Dietrich » récemment estampillée sur des sacs et tee-shirts de la marque, le conte de Noël n’a pas l’effet escompté. « Christ-IA-n Dior », ironise-t-on en commentaires, une section où bien des utilisateurs disent voir les critiques à l’égard du court-métrage être supprimés et masqués.
Contactées par nos soins, les équipes de Dior n’ont pas encore répondu à nos sollicitations. Sans réponse de leur part, nous ne sommes, nous, pas en mesure de prouver s’il y a eu un recours à l’IA, ou non. Dans une autre vidéo, Sylvain Chomet revendique, lui, avoir fait le travail à la main. « Techniquement, on travaille comme dans les années 1940. Tout est découpé, chaque personnage est animé séparément », détaille le réalisateur des Triplettes de Belleville.
Il raconte avoir reconstitué le Paris d’époque, et pris un tas de photos dans les ateliers, y compris celui du célèbre styliste. « On dit toujours que la haute couture, c’est très secret, c’est très fermé. Pas du tout. C’est très accessible. Et c’est vraiment bien pour les enfants aussi de voir ça », estime le cinéaste de 62 ans, selon qui « l’animation apporte une poésie ». Certes, même si tous les alexandrins ne sonnent pas pareil.



