Politique

Il ne manque qu’un candidat de la primaire dans l’organigramme de campagne de Glucksmann

Il a pris son temps, s’est enfermé plusieurs jours dans son bureau, a consulté à tour de bras et a finalement accouché d’une feuille bien remplie. Raphaël Glucksmann a dévoilé ce vendredi 6 septembre son organigramme de campagne, passage obligé de tout candidat à la présidentielle.

On y découvre ceux qui l’accompagneront dans sa conquête de l’Élysée, à commencer par le sénateur PS Alexandre Ouizille, nommé directeur de campagne, ou le député européen Pierre Jouvet, chargé des relations avec la presse. Mais puisque Raphaël Glucksmann s’est plié à l’exercice de la primaire (qu’il a remportée haut la main), il doit aussi composer avec les résultats pour respecter un certain nombre d’équilibres internes.

Ainsi, plusieurs ex-candidats de la primaire figurent héritent de postes. Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel sont nommés porte-paroles, aux côtés de la coprésidente de Place publique Aurore Lalucq et de la première adjointe au maire de Paris Lamia El Aaraje.

Olivier Faure, également défait après avoir recueilli un décevant 14,4 % des voix, obtient quant à lui un bien maigre lot de consolation en étant nommé membre du comité politique mis en place le temps de la campagne. Celui-ci sera présidé par la présidente de la région Occitanie Carole Delga et le sénateur écologiste vert Yannick Jadot. Olivier Faure, qui reste Premier secrétaire du PS, n’a donc droit à aucune faveur particulière ; il siégera au même niveau que l’ancienne sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, l’ex-maire de Vaulx-en-Velin Hélène Geoffroy ou que le maire de Montpellier Michaël Delafosse.

« Stagiaire en politique »

Une absence étonne toutefois : celle de Ségolène Royal. Arrivée troisième de la primaire avec 7,6 % des voix, l’ancienne ministre de l’Environnement ne fera pas partie de l’équipe de campagne de Raphaël Glucksmann, avec qui les relations sont tendues. Pendant la campagne pour la primaire, elle l’avait qualifié de « stagiaire en politique » et lui avait reproché de chercher à lorgner vers le centre et la droite. Lors du dernier débat, elle l’avait même accusé de « sexisme ».

Sitôt les résultats proclamés, Ségolène Royal avait juré être loyale, et ainsi soutenir le candidat désigné, ajoutant tout de même une condition : qu’il ne « dérive pas vers le macronisme ». Alors que Glucksmann répète bruyamment refuser toute alliance avec La France insoumise, l’ex-ambassadrice des pôles avait, elle, appelé à voter pour Jean-Luc Mélenchon en 2022, estimant qu’il était « le vote utile » à gauche.

Boris Vallaud nommé conseiller spécial

Sur le fond, les débats ont donné à voir l’ampleur des désaccords entre eux. Là où Ségolène Royal parle de « génocide » à Gaza, Raphaël Glucksmann s’y refuse. Sur la Russie et la façon de mettre un terme à la guerre en Ukraine, ils ne sont pas non plus totalement raccords.

Le député européen, crédité de 10 % dans les intentions de vote, loin derrière Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, a préféré s’entourer de proches. Ainsi, le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol sera en charge du « projet » ; les députés Boris Vallaud et Aurélien Rousseau héritent des postes de conseillers spéciaux ; Emmanuel Maurel s’occupera des discours ; les sénatrices Laurence Rossignol et Marie-Pierre de la Gontrie géreront les financements et le Marseillais Patrick Mennucci suivra la récolte des 500 parrainages d’élus.

Pour rebondir après avoir dû quitter la manifestation plus tôt que prévu jeudi à Paris, Raphaël Glucksmann compte sur le lancement d’une nouvelle émission diffusée dès ce vendredi sur les réseaux sociaux, mais surtout sur son premier grand meeting de campagne. Ce sera le 6 décembre à Paris.