Culture

« Terne », « dispensable », le nouveau film Netflix de Ben Affleck ne fait pas l’unanimité

Il y a 19 ans, Ben Affleck faisait ses débuts derrière la caméra avec Gone Baby Gone. Ce 9 octobre, il est de retour avec Animals, un thriller dont il tient le rôle principal aux côtés de Kerry Washington, Gillian Anderson et Steven Yeun. Le sixième film du réalisateur, en ligne sur Netflix, n’a pas écopé de critiques élogieuses.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, de quoi parle-t-on exactement ? Animals est présenté comme un thriller à tendance politique. Le film suit le destin de Mark Kimball (Ben Affleck), candidat à la mairie de Los Angeles. Lorsqu’un inconnu l’appelle avec une voix modifiée pour l’avertir que son fils a été enlevé et lui réclamer une rançon de 7 millions de dollars, son monde bascule. Avec son épouse Abigail (Kerry Washington) ils décident d’embaucher la spécialiste des situations de crise Dayle Burton (Gillian Anderson). Voilà pour le décor.

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Une majorité de confrères ayant vu le film s’accordent à dire, comme The Guardian, que « tous les ingrédients d’un bon thriller sont là : un casting de stars, un compte à rebours, des problèmes d’argent, de pouvoir et d’ambition… ». Beaucoup reconnaissent aussi les qualités de réalisation de Ben Affleck, notamment dans une scène filmée en plan séquence. Ce coup de fil des kidnappeurs est décrit par Écran Large comme parvenant à créer « une vraie tension crescendo où les forces en présence, leur tempérament, mais aussi le lieu au cœur du récit sont habilement installés ». Radio Times est le plus généreux avec une note de 4 sur 5, et mentionne même « un drame poignant ».

Pour les compliments, on en restera là puisque le reste de la presse est globalement plutôt d’un autre avis, nettement moins laudatif. Le site spécialisé Rogerebert parle de « pire film de Ben Affleck derrière la caméra », évoquant la pauvreté de la construction des personnages et un scénario « qui ne prend pas assez de risque pour être un tant soit peu moralement complexe ».

Un remake pas assumé

Pour Variety, le film est « regardable mais oubliable » et loupe le coche notamment sur le potentiel de satire politique qu’il n’assume pas pleinement ; à la place, un « mélodrame maritale et d’un très creux dilemme “vous feriez quoi” ? » que tente d’infuser Ben Affleck par le biais de son personnage de politicien et père de famille torturé. Pour Deadline et Première, le film « part dans tous les sens en essayant d’être à la fois un film sur un mariage en crise, un thriller de kidnapping, un film engagé sur la politique, la lutte des classes, l’immigration. »

Ce que tous s’accordent à dire par ailleurs, c’est qu’Animals est un remake qui ne s’assume pas. Et pas de n’importe quel film mais du chef-d’œuvre d’Akira Kurosawa Entre le ciel et l’enfer sorti en 1963, et du très récent Highest 2 Lowest de Spike Lee. Un fait que Ben Affleck réfute depuis le début de la promo du long-métrage, en affirmant lors de plusieurs interviews comme le rappelle Forbes, n’avoir jamais vu le film de Kurosawa.

La conclusion pour The Guardian et Variety est qu’après des débuts très remarqués avec Gone Baby Gone et un troisième film oscarisé, à savoir Argo, Ben Affleck se contente désormais de « faire le job, mais pas plus ».